Lorsque vous recherchez un revenu passif sur le marché des cryptomonnaies, l’APR (taux de rendement annuel en pourcentage) est le concept le plus couramment utilisé. Que ce soit par le biais du staking pour obtenir des revenus en chaîne, en participant au marché de prêt, ou en fournissant de la liquidité aux automated market makers, la plateforme utilisera toujours ce chiffre d’APR pour vous attirer. Mais que signifie réellement ce chiffre ? Quelle est la différence avec l’APY ? Aujourd’hui, nous allons analyser en profondeur cet indicateur clé.
Commençons par clarifier : qu’est-ce que l’APR ?
Dans la finance traditionnelle, l’APR est un outil standard utilisé par les banques pour promouvoir les taux d’intérêt des prêts et des dépôts. Le secteur des cryptomonnaies s’est inspiré de ce concept, mais lui a donné une nouvelle signification.
En termes simples, l’APR est un taux d’intérêt simple — il ne calcule que le rendement sur le capital initial investi, sans prendre en compte l’effet de la capitalisation. Supposons que vous déposiez 1000 dollars, avec un APR annuel de 10 %, alors après un an, vous gagnerez 100 dollars d’intérêts, rien de plus. Si vous réinvestissez ces intérêts pour continuer à générer des gains, cela ne sera pas pris en compte dans le calcul de l’APR.
Ce design “simple” fait de l’APR un outil efficace pour comparer rapidement différents produits. Vous n’avez pas besoin de calculs complexes pour voir combien votre capital initial pourrait croître en un an sans réinvestissement.
Trois principaux cas d’usage de l’APR dans la cryptomonnaie
APR dans le marché du staking
Lorsque vous mettez des tokens en staking sur une blockchain, vous aidez en réalité le réseau à valider les transactions. En retour, le protocole vous distribue de nouveaux tokens natifs. Ce rendement annuel est appelé le rendement APR du staking.
Par exemple, un réseau proof-of-stake (PoS) peut vouloir attirer plus de validateurs en proposant un APR de 5 % pour encourager le staking. Mais cet APR n’est pas fixe — il dépend de plusieurs facteurs :
Le plan d’émission de tokens du protocole (combien de nouveaux tokens sont créés chaque année)
La quantité totale de tokens stakés (plus il y a de participants, moins chaque part reçoit de récompenses)
Le mécanisme d’ajustement de l’inflation du réseau
Ainsi, le même token peut avoir des APR de staking très différents selon la période ou le réseau.
APR dans les protocoles de prêt
Si vous déposez des actifs sur une plateforme de prêt pour gagner des intérêts, celle-ci vous indiquera un APR. De quoi dépend ce taux ?
Principalement de la demande de prêt. Lorsqu’un grand nombre de personnes cherchent à emprunter un certain actif, l’APR de dépôt augmente. De plus, la plateforme prendra en compte le type de collatéral, le ratio LTV (Loan-to-Value), et d’autres facteurs de risque pour ajuster le taux.
APR dans la fourniture de liquidité
Sur les pools d’un exchange décentralisé (DEX) utilisant un automated market maker (AMM), les fournisseurs de liquidité contribuent avec des fonds en échange de frais de transaction et de récompenses en tokens. La plateforme annualise ces gains et affiche un APR.
Ce APR correspond aux frais et récompenses générés par le capital initial, sans prendre en compte la réinvestissement déjà effectué.
APR vs APY : deux chiffres, des résultats totalement différents
C’est une confusion fréquente chez les investisseurs. Illustrons la différence avec un exemple.
Supposons qu’un produit affiche un taux nominal de 10 %, mais qu’il capitalise automatiquement chaque mois (les intérêts eux-mêmes commencent à générer des intérêts). Alors :
L’APR reste à 10 % (il ne change pas, car l’APR ne prend pas en compte la capitalisation)
L’APY sera de 10,47 % (en raison de l’effet de la capitalisation)
Cette différence peut sembler minime, mais sur le long terme, elle peut produire des résultats surprenants. Plus d’un demi-point de pourcentage de gains en un an, cela peut paraître peu, mais sur 10 ans, l’effet de la capitalisation devient significatif.
La question clé : le produit choisi propose-t-il une capitalisation automatique ?
Si oui, l’APY reflétera mieux votre rendement réel.
Si non, l’APR sera une approximation plus fidèle.
Lors de la comparaison de deux produits, il faut toujours vérifier qu’ils utilisent le même indicateur. Si l’un affiche APR et l’autre APY, la comparaison sera trompeuse.
Calculer soi-même l’APR : une formule simple
Le calcul de base est très simple :
Rendement annuel = Capital × APR × Durée (en années)
Pour une année complète : Rendement = Capital × APR
Exemple : investir 10 000 dollars avec un APR de 12 %, après un an, le rendement sera de 1 200 dollars.
Et si ce n’est pas une année entière ? Supposons un investissement de 6 mois (0,5 année) : Rendement = 10 000 × 12% × 0,5 = 600 dollars
Dans la cryptomonnaie, il faut aussi prendre en compte un facteur pratique : les taux changent souvent. Si un produit de prêt a un APR variable, il faut utiliser des données historiques pour estimer le rendement réel. Une méthode courante consiste à calculer la moyenne pondérée sur 30 ou 90 jours, puis à l’utiliser pour prévoir le rendement annuel.
Mais attention : la volatilité du token. Même si l’APR est de 20 %, si le token que vous stakiez perd 50 % de sa valeur en un an, votre rendement en fiat sera fortement réduit. Il ne faut pas se limiter au chiffre de l’APR, mais aussi évaluer la stabilité du token.
La situation de l’APR en 2024-2025 : la vérité derrière les rendements élevés
Récemment, le marché des cryptomonnaies a montré une division nette dans l’APR :
Les réseaux matures affichent des APR modérés. Par exemple, certains grands réseaux proof-of-stake proposent un APR de 3 à 6 %. Ces chiffres, bien que modestes, reflètent des revenus relativement stables et soutenus par une économie réelle.
Les nouveaux projets et incitations à la liquidité proposent des APR très attractifs. Certains lancent des APR de 15 %, 20 % ou plus pour attirer les premiers utilisateurs. Ces rendements élevés s’expliquent souvent par trois raisons :
Incitations temporaires : les projets offrent des subventions pour attirer les early adopters
Prime de liquidité faible : avec peu de fonds, l’APR est artificiellement gonflé
Emission de tokens à forte inflation : en début de projet, beaucoup de nouveaux tokens sont créés pour distribuer aux utilisateurs
Que cela signifie-t-il ? Les APR élevés sont souvent insoutenables.
Une fois que les incitations prennent fin ou que plus de capitaux entrent, réduisant la prime de liquidité, l’APR chute fortement. Pire encore, si la tokenomique du projet est défaillante, ces “rendements” peuvent simplement résulter d’une dépréciation du token, ce qui réduit la valeur réelle de votre gain.
Liste de vérification des risques liés à l’APR
Pour choisir un rendement APR durable plutôt que de “poursuivre le pic”, posez-vous ces questions :
Sur la transparence du projet
Le projet a-t-il une white paper détaillée avec le plan d’émission des tokens ?
La tokenomique est-elle claire et transparente ?
Les smart contracts ont-ils été audités par une tierce partie ?
Sur la véracité des gains
L’APR provient-il de revenus réels du protocole ou de subventions temporaires ?
Combien de temps ces subventions peuvent-elles durer ?
Quelle a été la tendance historique de cet APR ?
Sur les risques
Le staking comporte-t-il un risque de pénalité (slashing) ?
Le prêt comporte-t-il un risque de contrepartie ou de faille dans le smart contract ?
La fourniture de liquidité expose-t-elle à un risque de perte impermanente ?
Sur la valeur du token
Le token a-t-il une utilité réelle ?
La communauté et l’équipe de développement sont-elles solides ?
La volatilité historique du prix est-elle importante ?
Ce n’est qu’après avoir répondu favorablement à ces questions que vous devriez envisager d’investir pour profiter de cet APR.
Différencier APR et APY. Avant de comparer, vérifiez quel indicateur est utilisé, puis convertissez pour comparer équitablement.
Ne pas se laisser aveugler par un APR élevé. Un APR de 30 % qui ne dure que 3 mois vaut moins qu’un 8 % stable sur 3 ans. Il faut comparer le rendement “qualitatif”, pas seulement le quantitatif.
Consulter la documentation officielle. Avant d’investir, lire la white paper, connaître le plan d’émission, les risques, etc. Ces documents sont souvent plus fiables que la communication marketing.
Prendre en compte l’effet de la capitalisation. Si le produit supporte la réinvestissement automatique, après quelques années, l’APY sera nettement plus avantageux. Choisissez donc des produits qui permettent de réinvestir.
Faire un suivi régulier. L’APR évolue, votre motivation aussi. Vérifiez périodiquement si l’APR reste raisonnable et si la santé économique du projet est toujours assurée.
En résumé
L’APR est un indicateur central dans l’investissement crypto car il offre une prévision claire et compréhensible du rendement. Mais, comme tout indicateur, il doit être interprété dans son contexte, en tenant compte des risques et de la durée.
Un APR élevé peut être séduisant, mais seul un APR soutenu, basé sur une économie réelle, mérite une allocation à long terme. Que ce soit pour le staking, le prêt ou la fourniture de liquidité, privilégiez toujours la solidité du projet et votre tolérance au risque, plutôt que de vous laisser séduire par des chiffres spectaculaires.
Souvenez-vous : dans la cryptosphère, le revenu passif n’est pas vraiment passif — il exige des choix éclairés.
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APR dans la cryptomonnaie : une explication complète du rendement annuel allant du staking au prêt
Lorsque vous recherchez un revenu passif sur le marché des cryptomonnaies, l’APR (taux de rendement annuel en pourcentage) est le concept le plus couramment utilisé. Que ce soit par le biais du staking pour obtenir des revenus en chaîne, en participant au marché de prêt, ou en fournissant de la liquidité aux automated market makers, la plateforme utilisera toujours ce chiffre d’APR pour vous attirer. Mais que signifie réellement ce chiffre ? Quelle est la différence avec l’APY ? Aujourd’hui, nous allons analyser en profondeur cet indicateur clé.
Commençons par clarifier : qu’est-ce que l’APR ?
Dans la finance traditionnelle, l’APR est un outil standard utilisé par les banques pour promouvoir les taux d’intérêt des prêts et des dépôts. Le secteur des cryptomonnaies s’est inspiré de ce concept, mais lui a donné une nouvelle signification.
En termes simples, l’APR est un taux d’intérêt simple — il ne calcule que le rendement sur le capital initial investi, sans prendre en compte l’effet de la capitalisation. Supposons que vous déposiez 1000 dollars, avec un APR annuel de 10 %, alors après un an, vous gagnerez 100 dollars d’intérêts, rien de plus. Si vous réinvestissez ces intérêts pour continuer à générer des gains, cela ne sera pas pris en compte dans le calcul de l’APR.
Ce design “simple” fait de l’APR un outil efficace pour comparer rapidement différents produits. Vous n’avez pas besoin de calculs complexes pour voir combien votre capital initial pourrait croître en un an sans réinvestissement.
Trois principaux cas d’usage de l’APR dans la cryptomonnaie
APR dans le marché du staking
Lorsque vous mettez des tokens en staking sur une blockchain, vous aidez en réalité le réseau à valider les transactions. En retour, le protocole vous distribue de nouveaux tokens natifs. Ce rendement annuel est appelé le rendement APR du staking.
Par exemple, un réseau proof-of-stake (PoS) peut vouloir attirer plus de validateurs en proposant un APR de 5 % pour encourager le staking. Mais cet APR n’est pas fixe — il dépend de plusieurs facteurs :
Ainsi, le même token peut avoir des APR de staking très différents selon la période ou le réseau.
APR dans les protocoles de prêt
Si vous déposez des actifs sur une plateforme de prêt pour gagner des intérêts, celle-ci vous indiquera un APR. De quoi dépend ce taux ?
Principalement de la demande de prêt. Lorsqu’un grand nombre de personnes cherchent à emprunter un certain actif, l’APR de dépôt augmente. De plus, la plateforme prendra en compte le type de collatéral, le ratio LTV (Loan-to-Value), et d’autres facteurs de risque pour ajuster le taux.
APR dans la fourniture de liquidité
Sur les pools d’un exchange décentralisé (DEX) utilisant un automated market maker (AMM), les fournisseurs de liquidité contribuent avec des fonds en échange de frais de transaction et de récompenses en tokens. La plateforme annualise ces gains et affiche un APR.
Ce APR correspond aux frais et récompenses générés par le capital initial, sans prendre en compte la réinvestissement déjà effectué.
APR vs APY : deux chiffres, des résultats totalement différents
C’est une confusion fréquente chez les investisseurs. Illustrons la différence avec un exemple.
Supposons qu’un produit affiche un taux nominal de 10 %, mais qu’il capitalise automatiquement chaque mois (les intérêts eux-mêmes commencent à générer des intérêts). Alors :
Cette différence peut sembler minime, mais sur le long terme, elle peut produire des résultats surprenants. Plus d’un demi-point de pourcentage de gains en un an, cela peut paraître peu, mais sur 10 ans, l’effet de la capitalisation devient significatif.
La question clé : le produit choisi propose-t-il une capitalisation automatique ?
Lors de la comparaison de deux produits, il faut toujours vérifier qu’ils utilisent le même indicateur. Si l’un affiche APR et l’autre APY, la comparaison sera trompeuse.
Calculer soi-même l’APR : une formule simple
Le calcul de base est très simple :
Rendement annuel = Capital × APR × Durée (en années)
Pour une année complète : Rendement = Capital × APR
Exemple : investir 10 000 dollars avec un APR de 12 %, après un an, le rendement sera de 1 200 dollars.
Et si ce n’est pas une année entière ? Supposons un investissement de 6 mois (0,5 année) : Rendement = 10 000 × 12% × 0,5 = 600 dollars
Dans la cryptomonnaie, il faut aussi prendre en compte un facteur pratique : les taux changent souvent. Si un produit de prêt a un APR variable, il faut utiliser des données historiques pour estimer le rendement réel. Une méthode courante consiste à calculer la moyenne pondérée sur 30 ou 90 jours, puis à l’utiliser pour prévoir le rendement annuel.
Mais attention : la volatilité du token. Même si l’APR est de 20 %, si le token que vous stakiez perd 50 % de sa valeur en un an, votre rendement en fiat sera fortement réduit. Il ne faut pas se limiter au chiffre de l’APR, mais aussi évaluer la stabilité du token.
La situation de l’APR en 2024-2025 : la vérité derrière les rendements élevés
Récemment, le marché des cryptomonnaies a montré une division nette dans l’APR :
Les réseaux matures affichent des APR modérés. Par exemple, certains grands réseaux proof-of-stake proposent un APR de 3 à 6 %. Ces chiffres, bien que modestes, reflètent des revenus relativement stables et soutenus par une économie réelle.
Les nouveaux projets et incitations à la liquidité proposent des APR très attractifs. Certains lancent des APR de 15 %, 20 % ou plus pour attirer les premiers utilisateurs. Ces rendements élevés s’expliquent souvent par trois raisons :
Que cela signifie-t-il ? Les APR élevés sont souvent insoutenables.
Une fois que les incitations prennent fin ou que plus de capitaux entrent, réduisant la prime de liquidité, l’APR chute fortement. Pire encore, si la tokenomique du projet est défaillante, ces “rendements” peuvent simplement résulter d’une dépréciation du token, ce qui réduit la valeur réelle de votre gain.
Liste de vérification des risques liés à l’APR
Pour choisir un rendement APR durable plutôt que de “poursuivre le pic”, posez-vous ces questions :
Sur la transparence du projet
Sur la véracité des gains
Sur les risques
Sur la valeur du token
Ce n’est qu’après avoir répondu favorablement à ces questions que vous devriez envisager d’investir pour profiter de cet APR.
Conseils pratiques : comment utiliser rationnellement l’APR
Différencier APR et APY. Avant de comparer, vérifiez quel indicateur est utilisé, puis convertissez pour comparer équitablement.
Ne pas se laisser aveugler par un APR élevé. Un APR de 30 % qui ne dure que 3 mois vaut moins qu’un 8 % stable sur 3 ans. Il faut comparer le rendement “qualitatif”, pas seulement le quantitatif.
Consulter la documentation officielle. Avant d’investir, lire la white paper, connaître le plan d’émission, les risques, etc. Ces documents sont souvent plus fiables que la communication marketing.
Prendre en compte l’effet de la capitalisation. Si le produit supporte la réinvestissement automatique, après quelques années, l’APY sera nettement plus avantageux. Choisissez donc des produits qui permettent de réinvestir.
Faire un suivi régulier. L’APR évolue, votre motivation aussi. Vérifiez périodiquement si l’APR reste raisonnable et si la santé économique du projet est toujours assurée.
En résumé
L’APR est un indicateur central dans l’investissement crypto car il offre une prévision claire et compréhensible du rendement. Mais, comme tout indicateur, il doit être interprété dans son contexte, en tenant compte des risques et de la durée.
Un APR élevé peut être séduisant, mais seul un APR soutenu, basé sur une économie réelle, mérite une allocation à long terme. Que ce soit pour le staking, le prêt ou la fourniture de liquidité, privilégiez toujours la solidité du projet et votre tolérance au risque, plutôt que de vous laisser séduire par des chiffres spectaculaires.
Souvenez-vous : dans la cryptosphère, le revenu passif n’est pas vraiment passif — il exige des choix éclairés.