Comment les contrôles de l'offre redéfinissent le marché du cobalt en 2025-2026

Le marché du cobalt a connu l’une de ses tournants les plus spectaculaires de l’histoire récente, passant d’une surabondance chronique à une rareté émergente. Le catalyseur ? Une série de mesures politiques décisives qui ont fondamentalement reconfiguré les chaînes d’approvisionnement mondiales en cobalt.

Le choc qui a tout changé

Au début de 2025, le cobalt semblait piégé dans une spirale déflationniste. Les prix s’étaient effondrés à leur niveau le plus bas depuis neuf ans, autour de 24 343 US$ par tonne métrique, sous le poids d’années de croissance de l’offre qui dépassait largement l’expansion de la demande en batteries. La République démocratique du Congo (RDC), contrôlant environ 75 % de l’offre mondiale de cobalt, a soudainement modifié la donne en interdisant en février les exportations d’hydroxyde.

L’impact fut immédiat. En quelques semaines, les prix du métal cobalt sont passés de 24 495 US$ à plus de 34 000 US$. À la fin de l’année, le mouvement est devenu historique : les prix des sulfates ont augmenté de 266 %, ceux des hydroxyde de 328 %, et ceux du métal de 130 %.

L’Indonésie entre dans la lumière

Avec l’offre de la RDC restreinte, l’attention du marché s’est tournée vers le deuxième producteur mondial : l’Indonésie. Contrairement au cobalt extrait des mines en RDC, la production indonésienne émerge comme un sous-produit du traitement du nickel laterite. Grâce à des usines spécialisées utilisant la lixiviation acide à haute pression (HPAL), ces installations produisent un précipité d’hydroxyde mixte — un intermédiaire riche en nickel et en cobalt.

La production indonésienne de 31 000 tonnes métriques de cobalt en 2024 représente environ 10 % de l’offre mondiale. Les expansions prévues du procédé HPAL visent 500 000 tonnes de précipité par an, pouvant potentiellement fournir 50 000 tonnes de cobalt annuellement. Les raffineurs chinois considèrent de plus en plus le matériau indonésien comme un substitut viable à l’hydroxyde de cobalt de RDC restreint, offrant des voies à moindre coût pour une matière première de qualité batterie.

T2-T3 : Un équilibre précaire se dessine

Jusqu’à la mi-année, les prix se sont stabilisés dans une fourchette large de 33 000 à 37 000 US$. La RDC a prolongé ses restrictions à l’exportation jusqu’en septembre, renforçant les attentes d’une tension prolongée de l’offre. Les raffineurs chinois ont puisé dans leurs stocks plutôt que de sécuriser de nouvelles fournitures, et les flux commerciaux ont montré que la capacité indonésienne commençait à absorber une partie du décalage de la demande.

Pourtant, le tableau restait fragile. Les analystes avertissaient que l’offre indonésienne, bien qu’en croissance, serait insuffisante pour compenser pleinement les contraintes de la RDC. La limitation du flux de matière première dans les raffineries devenait la norme, et des stocks tendus en dehors de la RDC laissaient présager un soutien supplémentaire des prix.

Le cadre de quota verrouille des prix plus élevés

Octobre a apporté une clarté structurelle lorsque la RDC a remplacé son interdiction totale par un système de quotas rigides plafonnant les exportations annuelles à environ 96 600 tonnes métriques — environ la moitié du niveau de 2024. Les allocations du quatrième trimestre 2025 ont été encore réduites à 18 125 tonnes métriques, créant une rareté aiguë dans le dernier trimestre.

Ce cadre a propulsé le cobalt au-dessus de 47 000 US$ fin octobre, son niveau le plus élevé depuis début 2023. Des grands producteurs comme le groupe CMOC ont reçu des allocations importantes, mais l’inventaire global du marché est resté tendu. Le message était clair : le contrôle de l’offre, et non la croissance de la demande, dicte désormais la dynamique du marché.

2026 : La zone de déficit en vue

Pour l’avenir, les prévisionnistes de l’industrie anticipent que le marché du cobalt entrera dans son premier déficit soutenu depuis des années. Des pénuries projetées d’environ 10 700 tonnes métriques face à une demande dépassant 292 300 tonnes, reflètent la morsure du système de quotas. Les prix moyens du cobalt devraient tourner autour de 55 000 US$ en 2026, soutenus par des limites structurelles à l’exportation et des stocks en déclin.

Cependant, des prix élevés comportent un risque caché. Les fabricants de véhicules électriques, confrontés à des coûts persistants élevés, accéléreront probablement la transition vers des chimies de batteries à faible cobalt ou sans cobalt lorsque cela sera possible. Cette destruction de la demande pourrait finalement modérer la trajectoire des prix et remodeler la hiérarchie des matériaux de batterie à long terme.

La transformation du marché du cobalt en 2025, passant d’un excédent chronique à un déficit émergent, n’a ni été organique ni inévitable — elle a été conçue par la politique. Le régime de contrôle de l’offre qui se met en place promet de remodeler les décisions d’investissement, de production et de chimie à travers toute la chaîne de valeur des batteries pour les années à venir.

Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
  • Récompense
  • Commentaire
  • Reposter
  • Partager
Commentaire
0/400
Aucun commentaire
  • Épingler

Trader les cryptos partout et à tout moment
qrCode
Scan pour télécharger Gate app
Communauté
Français (Afrique)
  • 简体中文
  • English
  • Tiếng Việt
  • 繁體中文
  • Español
  • Русский
  • Français (Afrique)
  • Português (Portugal)
  • Bahasa Indonesia
  • 日本語
  • بالعربية
  • Українська
  • Português (Brasil)