Les contrats à terme sur le sucre ont connu un rallye significatif vendredi, avec les contrats de mars à New York en hausse de +2,68 % et le sucre blanc ICE de mars à Londres en progression de +2,44 %, alors que les investisseurs institutionnels désengagent leurs positions short avant le week-end américain de trois jours déclenché par le jour férié Martin Luther King Day. Cette dynamique haussière a suivi des baisses marquées tout au long de la semaine, puisque le sucre de NY et le sucre de Londres ont touché leurs niveaux les plus bas en un et deux mois respectivement jeudi.
Dynamique de l’offre : Comment le sucre est-il produit dans les principales nations productrices ?
La pression fondamentale sur les prix du sucre provient d’une hausse remarquable de la production mondiale de sucre. L’Inde s’est imposée comme un moteur clé de cette expansion, la Fédération nationale des usines de sucre coopératives Ltd. rapportant que la production de sucre du pays pour 2025-26 a atteint 15,9 MMT entre le 1er octobre et le 15 janvier, soit une augmentation de +21 % par rapport à l’année précédente. L’India Sugar Mill Association (ISMA) prévoit même une croissance plus importante, en portant ses prévisions de production pour 2025-26 à 31 MMT contre une estimation précédente de 30 MMT — une hausse de 18,8 % par rapport à la saison précédente.
Les méthodes de production en Inde évoluent vers une capacité d’exportation accrue. L’ISMA a réduit son estimation de sucre destiné à l’éthanol à 3,4 MMT contre 5 MMT, libérant ainsi une offre supplémentaire pour les marchés d’exportation. Le ministère indien de l’alimentation a permis aux usines d’exporter 1,5 MMT durant la saison 2025-26, une décision stratégique pour atténuer la surproduction domestique.
Le paysage de la production au Brésil est tout aussi optimiste pour l’offre mondiale. Unica a rapporté qu’à la mi-décembre, la production de sucre du Centre-Sud atteignait 40,158 MMT, en hausse de +0,9 % par rapport à l’année précédente. Notamment, la proportion de canne transformée spécifiquement pour la production de sucre a augmenté à 50,91 % en 2025-26, contre 48,19 % en 2024-25, ce qui indique une intensification des opérations de broyage axées sur le sucre.
La Thaïlande, troisième plus grand producteur mondial et deuxième plus grand exportateur, contribue également à la surabondance d’offre. La Thai Sugar Millers Corp prévoit une augmentation de +5 % en glissement annuel de la récolte 2025-26 à 10,5 MMT.
Structure du marché et positionnement des fonds
Les données du Commitment of Traders (COT) révèlent une position longue historiquement élevée des fonds sur les contrats à terme de sucre blanc ICE de Londres. Selon le dernier rapport hebdomadaire, les fonds ont augmenté leurs positions nettes longues de 4 544 contrats pour atteindre 48 203 — un sommet depuis le début des données en 2011. Une telle concentration en positions longues crée une vulnérabilité à une inversion brutale si le sentiment du marché change.
Perspectives globales de l’offre et de la demande
L’Organisation Internationale du Sucre (ISO) prévoit un excédent de 1,625 million de MT en 2025-26, après un déficit de 2,916 millions de MT en 2024-25. L’organisation anticipe une hausse de +3,2 % de la production mondiale de sucre par rapport à l’année précédente, atteignant 181,8 millions de MT, portée par une augmentation de la production en Inde, en Thaïlande et au Pakistan.
Covrig Analytics avait initialement estimé l’excédent mondial pour 2025-26 à 4,1 MMT, mais a ensuite relevé cette projection à 4,7 MMT. Le trader de sucre Czarnikow présente un scénario encore plus baissier, estimant un excédent mondial de 8,7 MMT pour 2025-26.
Le rapport biannuel du USDA du 16 décembre a fourni des prévisions de production détaillées. L’agence prévoit que la production mondiale de sucre pour 2025-26 augmentera de +4,6 % par rapport à l’année précédente, atteignant un record de 189,318 MMT, tandis que la consommation devrait augmenter seulement de +1,4 %, à 177,921 MMT. Le déséquilibre résultant se reflète dans la projection du USDA selon laquelle les stocks mondiaux de fin de campagne diminueront de -2,9 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 41,188 MMT.
Prévisions de production par pays
Les perspectives du Brésil revêtent une importance particulière pour la tarification à long terme. Le FAS du USDA prévoit que la production du Brésil pour 2025-26 atteindra un record de 44,7 MMT, en hausse de +2,3 % par rapport à l’année précédente. Cependant, Safras & Mercado, un cabinet de conseil, dresse un tableau contrasté pour les saisons suivantes, prévoyant que la production du Brésil pour 2026-27 se contractera de -3,91 %, à 41,8 MMT contre 43,5 MMT attendus en 2025-26. Ce cabinet anticipe également une baisse des exportations brésiliennes de -11 % en glissement annuel, à 30 MMT en 2026-27.
Pour l’Inde, le FAS prévoit une expansion encore plus spectaculaire de la production, avec une augmentation de 25 % de la production de sucre pour 2025-26, atteignant 35,25 MMT, grâce à des conditions de mousson favorables et à une extension des surfaces cultivées.
La production de la Thaïlande pour 2025-26 devrait augmenter de +2 % en glissement annuel, pour atteindre 10,25 MMT selon les estimations du FAS.
Implications sur les prix et orientation du marché
La combinaison de prévisions de production mondiale record, d’un positionnement élevé des fonds et de attentes croissantes en matière de stocks a créé des vents contraires importants pour les prix du sucre. Bien que le rallye récent du vendredi ait reflété un couverture technique à court terme plutôt qu’une amélioration fondamentale de la demande, la dynamique d’offre sous-jacente suggère que la pression à la baisse sur les prix pourrait reprendre une fois que les ajustements de position liés aux vacances seront terminés.
Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
La hausse mondiale de l'offre de sucre entraîne une volatilité du marché : le positionnement des fonds évolue face à un boom de la production
Les contrats à terme sur le sucre ont connu un rallye significatif vendredi, avec les contrats de mars à New York en hausse de +2,68 % et le sucre blanc ICE de mars à Londres en progression de +2,44 %, alors que les investisseurs institutionnels désengagent leurs positions short avant le week-end américain de trois jours déclenché par le jour férié Martin Luther King Day. Cette dynamique haussière a suivi des baisses marquées tout au long de la semaine, puisque le sucre de NY et le sucre de Londres ont touché leurs niveaux les plus bas en un et deux mois respectivement jeudi.
Dynamique de l’offre : Comment le sucre est-il produit dans les principales nations productrices ?
La pression fondamentale sur les prix du sucre provient d’une hausse remarquable de la production mondiale de sucre. L’Inde s’est imposée comme un moteur clé de cette expansion, la Fédération nationale des usines de sucre coopératives Ltd. rapportant que la production de sucre du pays pour 2025-26 a atteint 15,9 MMT entre le 1er octobre et le 15 janvier, soit une augmentation de +21 % par rapport à l’année précédente. L’India Sugar Mill Association (ISMA) prévoit même une croissance plus importante, en portant ses prévisions de production pour 2025-26 à 31 MMT contre une estimation précédente de 30 MMT — une hausse de 18,8 % par rapport à la saison précédente.
Les méthodes de production en Inde évoluent vers une capacité d’exportation accrue. L’ISMA a réduit son estimation de sucre destiné à l’éthanol à 3,4 MMT contre 5 MMT, libérant ainsi une offre supplémentaire pour les marchés d’exportation. Le ministère indien de l’alimentation a permis aux usines d’exporter 1,5 MMT durant la saison 2025-26, une décision stratégique pour atténuer la surproduction domestique.
Le paysage de la production au Brésil est tout aussi optimiste pour l’offre mondiale. Unica a rapporté qu’à la mi-décembre, la production de sucre du Centre-Sud atteignait 40,158 MMT, en hausse de +0,9 % par rapport à l’année précédente. Notamment, la proportion de canne transformée spécifiquement pour la production de sucre a augmenté à 50,91 % en 2025-26, contre 48,19 % en 2024-25, ce qui indique une intensification des opérations de broyage axées sur le sucre.
La Thaïlande, troisième plus grand producteur mondial et deuxième plus grand exportateur, contribue également à la surabondance d’offre. La Thai Sugar Millers Corp prévoit une augmentation de +5 % en glissement annuel de la récolte 2025-26 à 10,5 MMT.
Structure du marché et positionnement des fonds
Les données du Commitment of Traders (COT) révèlent une position longue historiquement élevée des fonds sur les contrats à terme de sucre blanc ICE de Londres. Selon le dernier rapport hebdomadaire, les fonds ont augmenté leurs positions nettes longues de 4 544 contrats pour atteindre 48 203 — un sommet depuis le début des données en 2011. Une telle concentration en positions longues crée une vulnérabilité à une inversion brutale si le sentiment du marché change.
Perspectives globales de l’offre et de la demande
L’Organisation Internationale du Sucre (ISO) prévoit un excédent de 1,625 million de MT en 2025-26, après un déficit de 2,916 millions de MT en 2024-25. L’organisation anticipe une hausse de +3,2 % de la production mondiale de sucre par rapport à l’année précédente, atteignant 181,8 millions de MT, portée par une augmentation de la production en Inde, en Thaïlande et au Pakistan.
Covrig Analytics avait initialement estimé l’excédent mondial pour 2025-26 à 4,1 MMT, mais a ensuite relevé cette projection à 4,7 MMT. Le trader de sucre Czarnikow présente un scénario encore plus baissier, estimant un excédent mondial de 8,7 MMT pour 2025-26.
Le rapport biannuel du USDA du 16 décembre a fourni des prévisions de production détaillées. L’agence prévoit que la production mondiale de sucre pour 2025-26 augmentera de +4,6 % par rapport à l’année précédente, atteignant un record de 189,318 MMT, tandis que la consommation devrait augmenter seulement de +1,4 %, à 177,921 MMT. Le déséquilibre résultant se reflète dans la projection du USDA selon laquelle les stocks mondiaux de fin de campagne diminueront de -2,9 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 41,188 MMT.
Prévisions de production par pays
Les perspectives du Brésil revêtent une importance particulière pour la tarification à long terme. Le FAS du USDA prévoit que la production du Brésil pour 2025-26 atteindra un record de 44,7 MMT, en hausse de +2,3 % par rapport à l’année précédente. Cependant, Safras & Mercado, un cabinet de conseil, dresse un tableau contrasté pour les saisons suivantes, prévoyant que la production du Brésil pour 2026-27 se contractera de -3,91 %, à 41,8 MMT contre 43,5 MMT attendus en 2025-26. Ce cabinet anticipe également une baisse des exportations brésiliennes de -11 % en glissement annuel, à 30 MMT en 2026-27.
Pour l’Inde, le FAS prévoit une expansion encore plus spectaculaire de la production, avec une augmentation de 25 % de la production de sucre pour 2025-26, atteignant 35,25 MMT, grâce à des conditions de mousson favorables et à une extension des surfaces cultivées.
La production de la Thaïlande pour 2025-26 devrait augmenter de +2 % en glissement annuel, pour atteindre 10,25 MMT selon les estimations du FAS.
Implications sur les prix et orientation du marché
La combinaison de prévisions de production mondiale record, d’un positionnement élevé des fonds et de attentes croissantes en matière de stocks a créé des vents contraires importants pour les prix du sucre. Bien que le rallye récent du vendredi ait reflété un couverture technique à court terme plutôt qu’une amélioration fondamentale de la demande, la dynamique d’offre sous-jacente suggère que la pression à la baisse sur les prix pourrait reprendre une fois que les ajustements de position liés aux vacances seront terminés.