L’ordre financier mondial subit un réalignement historique. Alors que Pékin restructure agressivement ses réserves de change, les décideurs américains font face à une réponse non conventionnelle : l’Amérique doit-elle doubler la mise sur l’Or — ou faire un saut audacieux vers le Bitcoin ? Cette divergence stratégique marque une nouvelle étape dans la compétition entre grandes puissances pour la domination de la monnaie de réserve.
Le changement stratégique : accumulation d’or par Pékin & pivot du Trésor
La Chine a fondamentalement modifié la composition de ses réserves d’une manière jamais vue depuis l’après-Bretton Woods. Les chiffres racontent une histoire crue : en février 2025 seulement, Pékin a désinvesti 22,7 milliards de dollars en titres du Trésor américain, portant l’exposition totale de la Chine à seulement 775 milliards de dollars — le niveau le plus bas depuis 2009.
Parallèlement, les réserves d’or de la Chine ont augmenté régulièrement pendant 16 mois consécutifs. Depuis 2022, la Banque populaire de Chine a ajouté plus de 300 tonnes d’or à ses réserves officielles, avec des analystes estimant que le total pourrait dépasser 10 000 tonnes — bien supérieur aux 2 204 tonnes officiellement déclarées. Cette double stratégie — vendre de la dette étrangère tout en accumulant de l’or physique — représente une démarche de réduction des risques calculée.
Pourquoi l’or ? Comprendre la stratégie défensive de la Chine
Les moteurs derrière ce pivot sont indiscutables. D’abord, le risque géopolitique. En voyant les actifs étrangers de la Russie, d’une valeur de plus de 300 milliards de dollars, gelés par les sanctions occidentales, Pékin ne peut ignorer le risque de militarisation des réserves en dollars. L’or offre ce que les Treasuries américains ne peuvent pas : zéro risque de contrepartie et immunité contre les sanctions financières.
Ensuite, la vague de dédollarisations qui s’accélère à travers les corridors BRICS. Alors que les économies émergentes explorent des systèmes de paiement alternatifs et des cadres monétaires adossés à l’or, la Chine se positionne comme un gestionnaire de réserves crédible et comme une couverture contre la domination continue du dollar. Le message implicite : les actifs adossés au yuan, soutenus par de l’or tangible, offrent une sécurité supérieure aux créances sur la dette américaine.
Troisièmement, le pragmatisme économique. La valorisation de l’or tend à s’apprécier en période de tension géopolitique et d’instabilité monétaire — précisément le contexte que la Chine prévoit de naviguer dans les années à venir.
Bitcoin comme contre-stratégie américaine
Alors que Pékin adopte le filet de sécurité du 20e siècle qu’est l’or, les décideurs américains tournés vers l’avenir envisagent une démarche radicalement différente : et si les États-Unis se tournaient non pas vers l’or, mais vers le Bitcoin ?
L’administration Trump explore activement une politique qui consisterait à vendre une partie des réserves d’or américaines pour acheter du Bitcoin — présenté comme une manœuvre « neutre en budget » qui renforcerait simultanément les réserves nationales et marquerait une avancée technologique. La sénatrice Cynthia Lummis a poussé cette idée plus loin, proposant que Washington convertisse ses vieux certificats d’or (valorisés au taux fixe de 42 dollars l’once en 1971) en Bitcoin au prix du marché actuel — une opportunité financière majeure pour les bilans américains.
La logique est convaincante : les États-Unis détiennent déjà environ 203 000 Bitcoin saisis sur des réseaux criminels au cours de la dernière décennie. Un décret récent de Trump interdit explicitement la vente de ces avoirs, signifiant un engagement stratégique à long terme envers la crypto comme classe d’actifs de réserve. Si Washington étendait cette position par une conversion en or, il créerait immédiatement la plus grande détention souveraine de Bitcoin au monde — un développement aux implications massives pour le marché.
Bitcoin vs. Or : La supériorité numérique en question
Pourquoi une superpuissance financière moderne préférerait-elle la rareté numérique à la rareté physique ? Quatre raisons se détachent.
Transparence : Le registre distribué de Bitcoin est entièrement vérifiable. En revanche, les réserves d’or américaines n’ont pas fait l’objet d’un audit indépendant depuis les années 1970. La véritable quantité d’or détenue par la Chine reste opaque — et le décalage entre les affirmations officielles et les réserves réelles suggère que Pékin détient 20 000 à 30 000 tonnes supplémentaires non déclarées. Bitcoin élimine totalement ce problème de confiance.
Rareté avec certitude : Il n’y aura jamais plus de 21 millions de Bitcoin. La quantité d’or, en revanche, reste incertaine. Nouvelles découvertes, technologies d’extraction améliorées, réserves cachées créent une incertitude perpétuelle sur la rareté réelle. La quantité fixe de Bitcoin est mathématiquement imposée et cryptographiquement vérifiée.
Avenir assuré : L’or est excellent comme réserve de valeur, mais c’est fondamentalement un actif du 20e siècle. Bitcoin est conçu pour soutenir l’infrastructure financière de la prochaine génération — règlements numériques, paiements transfrontaliers, monnaie programmable. Une réserve de Bitcoin américaine ne sert pas seulement à couvrir l’inflation ; elle positionne l’Amérique comme la puissance dominante dans l’ère de la finance numérique.
Momentum psychologique : Si la plus grande économie mondiale adoptait officiellement Bitcoin comme réserve stratégique, cela catalyserait une adoption institutionnelle sans précédent, validant potentiellement le rôle de la crypto comme couverture macroéconomique et alternative aux systèmes monétaires fiat.
Perspectives du marché : Or, Bitcoin et la finance mondiale en 2026
Ce qui se passera ensuite dépendra des décisions de ces deux puissances.
Pour la stratégie de l’or de la Chine :
Attendre que les prix de l’or restent élevés jusqu’en 2026, potentiellement au-delà de 3 000 $ l’once, à mesure que les nations BRICS accélèrent la dé-dollarisation et que les banques centrales diversifient leur exposition au dollar
Pékin pourrait éventuellement garantir une partie des réserves en yuan avec de l’or, bien que la convertibilité totale reste peu probable en raison de réserves insuffisantes et de contraintes politiques
Chaque désinvestissement du Trésor sera probablement compensé par une accumulation supplémentaire d’or, signalant un engagement stratégique soutenu
Pour la considération du Bitcoin par les États-Unis :
Si Washington poursuit réellement une conversion en réserve de Bitcoin, le BTC pourrait connaître une pression d’achat institutionnelle explosive. Des cibles de prix supérieures à 120 000 $ deviennent plausibles — à condition que la continuité politique et la volonté politique soient au rendez-vous
Un pivot américain vers le Bitcoin renforcerait simultanément la crédibilité technique du dollar sur les marchés numériques tout en risquant de déstabiliser certaines monnaies de réserve dépendantes des avoirs en dollar
La volatilité à court terme s’intensifierait — les fluctuations quotidiennes de plus de 30 % de Bitcoin pourraient générer de l’anxiété sur les bilans des traditionalistes au Congrès
La guerre froide financière qui s’intensifie : qui détient l’avantage ?
Ce qui émerge, c’est une asymétrie stratégique frappante. La démarche de la Chine vers l’or est défensive — une couverture contre la militarisation financière américaine et la dévaluation monétaire. La stratégie américaine du Bitcoin, en revanche, est offensive — un pari que l’innovation technologique et l’avantage du premier arrivé dans la souveraineté des actifs numériques peuvent prolonger l’hégémonie financière américaine dans la prochaine ère.
Le résultat dépend non pas de la supériorité d’une classe d’actifs isolément, mais de la capacité de chaque nation à naviguer dans l’intégration entre tradition et innovation. Une approche hybride — conservant d’importantes réserves d’or tout en développant agressivement ses avoirs en Bitcoin — pourrait s’avérer supérieure à un choix exclusif.
La guerre froide financière entre dans une nouvelle phase. Les enjeux ne sont plus seulement économiques ; ils concernent la maîtrise de l’architecture de la finance mondiale du 21e siècle. La Chine a joué sa première pièce. Washington réagira-t-il avec audace — ou cédera-t-il l’initiative à la vision de Pékin d’un monde dédollarisé et adossé à l’or ?
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La Chine vend de l'or pour un avantage géopolitique ; les États-Unis répliqueront-ils avec le Bitcoin ?
L’ordre financier mondial subit un réalignement historique. Alors que Pékin restructure agressivement ses réserves de change, les décideurs américains font face à une réponse non conventionnelle : l’Amérique doit-elle doubler la mise sur l’Or — ou faire un saut audacieux vers le Bitcoin ? Cette divergence stratégique marque une nouvelle étape dans la compétition entre grandes puissances pour la domination de la monnaie de réserve.
Le changement stratégique : accumulation d’or par Pékin & pivot du Trésor
La Chine a fondamentalement modifié la composition de ses réserves d’une manière jamais vue depuis l’après-Bretton Woods. Les chiffres racontent une histoire crue : en février 2025 seulement, Pékin a désinvesti 22,7 milliards de dollars en titres du Trésor américain, portant l’exposition totale de la Chine à seulement 775 milliards de dollars — le niveau le plus bas depuis 2009.
Parallèlement, les réserves d’or de la Chine ont augmenté régulièrement pendant 16 mois consécutifs. Depuis 2022, la Banque populaire de Chine a ajouté plus de 300 tonnes d’or à ses réserves officielles, avec des analystes estimant que le total pourrait dépasser 10 000 tonnes — bien supérieur aux 2 204 tonnes officiellement déclarées. Cette double stratégie — vendre de la dette étrangère tout en accumulant de l’or physique — représente une démarche de réduction des risques calculée.
Pourquoi l’or ? Comprendre la stratégie défensive de la Chine
Les moteurs derrière ce pivot sont indiscutables. D’abord, le risque géopolitique. En voyant les actifs étrangers de la Russie, d’une valeur de plus de 300 milliards de dollars, gelés par les sanctions occidentales, Pékin ne peut ignorer le risque de militarisation des réserves en dollars. L’or offre ce que les Treasuries américains ne peuvent pas : zéro risque de contrepartie et immunité contre les sanctions financières.
Ensuite, la vague de dédollarisations qui s’accélère à travers les corridors BRICS. Alors que les économies émergentes explorent des systèmes de paiement alternatifs et des cadres monétaires adossés à l’or, la Chine se positionne comme un gestionnaire de réserves crédible et comme une couverture contre la domination continue du dollar. Le message implicite : les actifs adossés au yuan, soutenus par de l’or tangible, offrent une sécurité supérieure aux créances sur la dette américaine.
Troisièmement, le pragmatisme économique. La valorisation de l’or tend à s’apprécier en période de tension géopolitique et d’instabilité monétaire — précisément le contexte que la Chine prévoit de naviguer dans les années à venir.
Bitcoin comme contre-stratégie américaine
Alors que Pékin adopte le filet de sécurité du 20e siècle qu’est l’or, les décideurs américains tournés vers l’avenir envisagent une démarche radicalement différente : et si les États-Unis se tournaient non pas vers l’or, mais vers le Bitcoin ?
L’administration Trump explore activement une politique qui consisterait à vendre une partie des réserves d’or américaines pour acheter du Bitcoin — présenté comme une manœuvre « neutre en budget » qui renforcerait simultanément les réserves nationales et marquerait une avancée technologique. La sénatrice Cynthia Lummis a poussé cette idée plus loin, proposant que Washington convertisse ses vieux certificats d’or (valorisés au taux fixe de 42 dollars l’once en 1971) en Bitcoin au prix du marché actuel — une opportunité financière majeure pour les bilans américains.
La logique est convaincante : les États-Unis détiennent déjà environ 203 000 Bitcoin saisis sur des réseaux criminels au cours de la dernière décennie. Un décret récent de Trump interdit explicitement la vente de ces avoirs, signifiant un engagement stratégique à long terme envers la crypto comme classe d’actifs de réserve. Si Washington étendait cette position par une conversion en or, il créerait immédiatement la plus grande détention souveraine de Bitcoin au monde — un développement aux implications massives pour le marché.
Bitcoin vs. Or : La supériorité numérique en question
Pourquoi une superpuissance financière moderne préférerait-elle la rareté numérique à la rareté physique ? Quatre raisons se détachent.
Transparence : Le registre distribué de Bitcoin est entièrement vérifiable. En revanche, les réserves d’or américaines n’ont pas fait l’objet d’un audit indépendant depuis les années 1970. La véritable quantité d’or détenue par la Chine reste opaque — et le décalage entre les affirmations officielles et les réserves réelles suggère que Pékin détient 20 000 à 30 000 tonnes supplémentaires non déclarées. Bitcoin élimine totalement ce problème de confiance.
Rareté avec certitude : Il n’y aura jamais plus de 21 millions de Bitcoin. La quantité d’or, en revanche, reste incertaine. Nouvelles découvertes, technologies d’extraction améliorées, réserves cachées créent une incertitude perpétuelle sur la rareté réelle. La quantité fixe de Bitcoin est mathématiquement imposée et cryptographiquement vérifiée.
Avenir assuré : L’or est excellent comme réserve de valeur, mais c’est fondamentalement un actif du 20e siècle. Bitcoin est conçu pour soutenir l’infrastructure financière de la prochaine génération — règlements numériques, paiements transfrontaliers, monnaie programmable. Une réserve de Bitcoin américaine ne sert pas seulement à couvrir l’inflation ; elle positionne l’Amérique comme la puissance dominante dans l’ère de la finance numérique.
Momentum psychologique : Si la plus grande économie mondiale adoptait officiellement Bitcoin comme réserve stratégique, cela catalyserait une adoption institutionnelle sans précédent, validant potentiellement le rôle de la crypto comme couverture macroéconomique et alternative aux systèmes monétaires fiat.
Perspectives du marché : Or, Bitcoin et la finance mondiale en 2026
Ce qui se passera ensuite dépendra des décisions de ces deux puissances.
Pour la stratégie de l’or de la Chine :
Pour la considération du Bitcoin par les États-Unis :
La guerre froide financière qui s’intensifie : qui détient l’avantage ?
Ce qui émerge, c’est une asymétrie stratégique frappante. La démarche de la Chine vers l’or est défensive — une couverture contre la militarisation financière américaine et la dévaluation monétaire. La stratégie américaine du Bitcoin, en revanche, est offensive — un pari que l’innovation technologique et l’avantage du premier arrivé dans la souveraineté des actifs numériques peuvent prolonger l’hégémonie financière américaine dans la prochaine ère.
Le résultat dépend non pas de la supériorité d’une classe d’actifs isolément, mais de la capacité de chaque nation à naviguer dans l’intégration entre tradition et innovation. Une approche hybride — conservant d’importantes réserves d’or tout en développant agressivement ses avoirs en Bitcoin — pourrait s’avérer supérieure à un choix exclusif.
La guerre froide financière entre dans une nouvelle phase. Les enjeux ne sont plus seulement économiques ; ils concernent la maîtrise de l’architecture de la finance mondiale du 21e siècle. La Chine a joué sa première pièce. Washington réagira-t-il avec audace — ou cédera-t-il l’initiative à la vision de Pékin d’un monde dédollarisé et adossé à l’or ?