Les crypto-monnaies sont-elles haram ? Perspective islamique sur le commerce numérique

La question de savoir si les cryptomonnaies sont permises ou interdites dans l’Islam préoccupe de plus en plus les investisseurs musulmans et les experts financiers du monde entier. Il n’existe pas de réponse simple : que les cryptomonnaies soient haram (interdites) ou halal (permises), dépend fortement de leur utilisation, de la technologie sous-jacente et des principes financiers qui les régissent. Alors que la technologie blockchain elle-même est moralement neutre, certaines activités cryptographiques et certaines monnaies peuvent contrevenir aux principes financiers islamiques.

Pourquoi la technologie est moralement neutre – La justification islamique

Dans la compréhension islamique, la technologie est un outil dépourvu de qualité morale intrinsèque. Un couteau peut être utilisé pour cuisiner ou pour causer du tort – l’outil lui-même est neutre, c’est l’intention et l’usage qui comptent. Selon ce principe, les cryptomonnaies comme Bitcoin, Ethereum ou d’autres actifs numériques ne sont ni halal ni haram d’un point de vue technologique.

La jurisprudence islamique n’évalue pas l’outil, mais :

  • L’intention de l’utilisateur : Investit-on avec une intention honnête pour un patrimoine à long terme ou par spéculation comme dans les jeux de hasard ?
  • L’usage réel : La monnaie est-elle utilisée pour des projets éthiques ou pour des activités interdites ?
  • Les principes d’action : La transaction respecte-t-elle les principes de transparence, d’équité et de partage des risques ?

Cette distinction est fondamentale pour comprendre pourquoi certaines activités cryptographiques sont halal et d’autres haram.

Activités cryptographiques conformes au halal : commerce direct et transactions peer-to-peer

Commerce au comptant : La voie classique conforme au halal

Lors du commerce au comptant, les utilisateurs achètent directement des cryptomonnaies à la valeur du marché actuel et en deviennent immédiatement propriétaires. Cette forme de commerce est considérée comme halal si les conditions suivantes sont remplies :

  • La cryptomonnaie n’est pas impliquée dans des activités haram comme le jeu, la fraude ou le blanchiment d’argent
  • La transaction respecte les principes de transparence et de formation de prix équitable
  • Aucun intermédiaire ne tire profit de frais cachés ou de structures d’intérêts

Exemples de cryptomonnaies halal avec un usage réel :

  • Bitcoin (BTC) : La principale monnaie de paiement et réserve de valeur, basée sur une technologie décentralisée et transparente
  • Ethereum (ETH) : Blockchain programmable pour des applications légitimes dans la DeFi, les NFTs et les applications décentralisées
  • Cardano (ADA) : Axée sur des projets durables et à long terme dans l’éducation et la transparence des chaînes d’approvisionnement
  • Polygon (POL) : Permet des applications décentralisées évolutives et respectueuses de l’environnement

Commerce peer-to-peer (P2P) : échanges directs

Le commerce P2P permet des transactions directes entre individus sans intermédiaires centraux. Cela est particulièrement précieux en Islam car cela :

  • Permet des transactions sans intérêt (pas de Riba)
  • Offre un contrôle direct sur les actifs
  • Autorise des négociations transparentes des prix entre parties

La condition reste : les monnaies échangées ne doivent pas être destinées à des fins haram.

Haram dans le secteur crypto : spéculation, jeu et monnaies manipulées

Meme-monnaies : le problème du jeu

Les meme-monnaies comme Shiba Inu (SHIB), PEPE et BONK sont considérées par de nombreux experts islamiques comme haram. Les raisons :

Absence de valeur intrinsèque : Ces monnaies reposent sur des tendances virales et le battage Internet plutôt que sur une utilité pratique. Leur valeur est artificiellement gonflée et soutenue uniquement par la demande spéculative.

Structure proche du jeu : Les investisseurs achètent ces monnaies principalement dans l’espoir de gains rapides – un comportement qui ressemble au jeu. La finance islamique interdit ces pratiques spéculatives sous le terme Maysir (jeu de hasard).

Schémas de pump-and-dump : Les meme-monnaies sont souvent victimes de manipulations de marché, où des acteurs riches (Wale) font artificiellement monter les prix puis vendent leurs positions. Les petits investisseurs restent avec des pertes – une forme d’exploitation interdite en Islam.

Conclusion : Les meme-monnaies sont considérées comme haram en raison de leur nature spéculative et de leur absence d’utilité réelle.

Cryptomonnaies pour plateformes de jeu

Des monnaies comme FunFair (FUN) et Wink (WIN) sont explicitement conçues pour des plateformes de jeux en ligne. Étant donné que le jeu (Qimar) est clairement interdit en Islam, le commerce avec ces monnaies est également haram – cela soutiendrait indirectement des activités interdites.

Solana (SOL) : un exemple nuancé

La légitimité de Solana illustre la complexité : Solana est une infrastructure blockchain sur laquelle peuvent fonctionner à la fois des applications halal et haram.

  • Utilisations halal : si Solana est utilisée pour des applications décentralisées (DApps), la gestion d’identité ou des processus commerciaux légitimes, le commerce au comptant est permis
  • Utilisations haram : si des projets basés sur Solana soutiennent le jeu, les meme-monnaies ou des schémas frauduleux, alors même Solana devient problématique dans ce contexte

Recommandation : les utilisateurs doivent vérifier pour quels projets ils détiennent du Solana.

Commerce sur marge et futures : pourquoi ces méthodes sont interdites en Islam

Commerce sur marge et le problème du Riba

Le commerce sur marge consiste à emprunter de l’argent pour trader. Cela pose deux problèmes fondamentaux :

  1. Riba (intérêts) : le prêteur exige des frais d’intérêt – un Riba classique interdit en Islam
  2. Gharar (incertitude excessive) : le trader risque plus que ce qu’il possède, ce qui mène à un risque incontrôlé

Cette combinaison viole les principes fondamentaux de la charia.

Commerce de futures : spéculation sans possession

Les contrats à terme obligent à acheter ou vendre des actifs à des moments futurs – souvent sans que le vendeur possède réellement l’actif. Ce système :

  • Est purement spéculatif (similaire à parier sur des prix futurs)
  • Contient une Gharar extrême (incertitude sur les conditions futures)
  • Ressemble au jeu, où une partie gagne et l’autre perd

Conclusion : le commerce de futures est haram en raison de sa nature spéculative et de l’incertitude qu’il comporte.

Comment identifier des cryptomonnaies éthiques : lignes directrices pratiques

Les investisseurs musulmans peuvent utiliser les critères suivants pour reconnaître des cryptomonnaies conformes au halal :

1. Utilité pratique : la monnaie a-t-elle une finalité réelle et utile (paiements, applications décentralisées, gestion de données) ?

2. Transparence : l’équipe du projet est-elle identifiable ? Y a-t-il des mises à jour régulières et vérifiables ?

3. Absence d’activités haram : la monnaie est-elle utilisée pour le jeu, la fraude ou d’autres activités interdites ?

4. Limitation de la spéculation : la monnaie est-elle un réserve de valeur stable ou un simple objet de spéculation ?

5. Respect de l’environnement : le projet utilise-t-il des technologies durables (Proof-of-Stake plutôt que Proof-of-Work) ?

6. Clarté réglementaire : le projet est-il soumis à des règles financières établies ou opère-t-il dans une zone grise juridique ?

Conclusion : prendre des décisions éclairées

La question “La crypto est-elle haram ?” ne peut pas être répondue de manière générale. C’est plutôt une question de contexte, d’intention et de principes d’action. Le commerce au comptant avec des cryptomonnaies stables et utiles comme Bitcoin, Ethereum et Cardano est halal si l’investisseur agit avec une intention sincère et une perspective à long terme.

Les meme-monnaies, monnaies de jeu et instruments dérivés très spéculatifs comme le trading sur marge et les futures sont haram car ils contreviennent aux principes financiers islamiques – que ce soit par Gharar, Riba ou Maysir.

Les investisseurs doivent :

  • Prendre le temps de comprendre les fondamentaux des cryptomonnaies
  • N’échanger qu’avec des monnaies dont ils comprennent l’utilité
  • Éviter le trading sur marge et les futures
  • Consulter un conseiller financier musulman en cas d’incertitude

L’avenir de la finance musulmane dépendra de notre capacité à distinguer clairement entre instruments spéculatifs et véritables réserves de valeur – et à appliquer de manière cohérente les principes islamiques dans l’économie numérique.

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