La cession d'or du Canada : pourquoi le pays détient zéro réserve parmi ses pairs du G7

L’un des chapitres les plus sous-estimés de l’histoire financière moderne concerne le changement systématique du Canada vis-à-vis des métaux précieux. À partir de 1965, lorsque le Canada détenait plus de 1 023 tonnes d’or — une somme d’environ 149 milliards de dollars en termes actuels — le pays a entamé une stratégie de désinvestissement qui allait remodeler complètement sa position monétaire. Au début du 21e siècle, le Canada avait liquidé pratiquement chaque once, devenant la seule nation du G7 sans réserves officielles d’or. Cette divergence par rapport aux tendances monétaires mondiales soulève des questions fondamentales sur la prévoyance stratégique versus la mauvaise appréciation économique.

La stratégie historique de liquidation de l’or

Ce changement n’a pas été précipité par une seule décision politique ou un moment de crise. Il reflétait plutôt un consensus philosophique soutenu parmi les gouvernements canadiens successifs et les dirigeants de la banque centrale, couvrant plusieurs administrations. Des figures clés telles que Pierre Trudeau, Brian Mulroney, John Crow et Gordon Thiessen ont tous convergé sur un point de vue similaire : l’or ne servait plus un but fonctionnel dans une architecture financière moderne basée sur des systèmes de monnaie fiduciaire et des taux de change flottants. Plutôt que de maintenir des réserves d’or, le Canada a redirigé ses actifs vers des obligations étrangères, des avoirs en devises et des instruments financiers papier — pariant que la liquidité et la diversification offriraient de meilleurs rendements et une plus grande flexibilité.

Pendant ce temps, d’autres grandes économies ont emprunté des chemins radicalement différents. Les États-Unis continuent de détenir environ 8 133 tonnes d’or, conservant les plus grandes réserves officielles au monde. L’Allemagne conserve environ 3 352 tonnes. Ces nations ont maintenu leur confiance dans la valeur durable de l’or malgré des pressions institutionnelles similaires en faveur de la modernisation financière.

Changement de consensus politique parmi la direction canadienne

La logique derrière le désinvestissement du Canada semblait rationnelle dans le cadre économique des années 1970 à 1990. L’or était considéré comme une relique de l’ère de Bretton Woods — une contrainte à la flexibilité de la politique monétaire plutôt qu’un actif stratégique. Les banques centrales et les ministères des finances des nations développées débattaient pour savoir si les réserves d’or justifiaient leurs coûts d’opportunité lorsqu’elles étaient déployées dans des titres à revenu fixe ou sur les marchés de devises étrangères. La direction canadienne a simplement poussé cette logique jusqu’à son terme : liquidation complète.

Bilan contemporain : la stratégie est-elle toujours pertinente ?

L’environnement financier actuel offre un contexte radicalement différent pour évaluer la position historique du Canada en matière d’or. Les préoccupations inflationnistes ont refait surface comme un phénomène structurel plutôt que transitoire. Les tensions géopolitiques — englobant les différends commerciaux, la sécurité énergétique et la compétition entre grandes puissances — ont ravivé l’intérêt pour des actifs tangibles immunisés contre la manipulation politique. Peut-être plus significatif encore, les banques centrales du monde entier ont pivoté brusquement vers une acquisition agressive d’or au cours de la dernière décennie, inversant des décennies d’indifférence envers ce métal.

Parallèlement, les narratives sur la cryptomonnaie et les autres formes de réserve de valeur ont élargi la discussion autour des actifs monétaires non fiduciaires, remettant en question les hypothèses conventionnelles sur ce qui constitue la sécurité financière au 21e siècle. Dans ce contexte, la posture zéro or du Canada semble de plus en plus isolée plutôt que pionnière. La question de savoir si le désinvestissement dans l’or représentait une politique visionnaire ou une erreur stratégique est devenue inévitable. Plus pressant encore, certains se demandent si le Canada pourrait éventuellement réévaluer son allocation d’actifs monétaires et reconsidérer sa relation avec l’or à l’ère de l’incertitude systémique renouvelée.

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