Le prix mondial du sucre sous pression alors que les principaux producteurs augmentent la production

La dynamique des prix du sucre au début de 2026 continue de refléter un marché en surabondance. Les contrats à terme sur le sucre mondial #11 de mars à NY ont augmenté de +0,06 points (+0,41%) tandis que les contrats de sucre blanc ICE de mars à Londres ont chuté de -4,70 points (-1,12%), signalant un sentiment régional divergents. Le moteur fondamental reste simple : les principales nations productrices ont considérablement augmenté leur production, exerçant une pression à la baisse soutenue sur le prix du sucre dans les deux centres de négociation. Avec le dollar qui s’affaiblit, apportant un certain soutien aux contrats de NY, la narration globale est celle d’une offre abondante qui submerge les fondamentaux de la demande.

Explosion de la production : la pression principale sur le prix du sucre

La projection de la production mondiale de sucre 2025/26 raconte l’histoire d’un marché noyé dans un excès d’inventaire. La prévision de décembre de l’USDA indiquait que la production mondiale atteindrait un record de 189,318 millions de tonnes métriques (MMT), soit une augmentation de +4,6 % par rapport à l’année précédente, tandis que la consommation ne croîtrait que de +1,4 % à 177,921 MMT. Cet écart significatif entre production et consommation est la principale raison pour laquelle le prix du sucre reste faible.

Le Brésil, en tant que plus grand producteur mondial, devrait livrer des volumes record. Conab a relevé sa prévision de production 2025/26 à 45 MMT (contre 44,5 MMT), tandis que le Service agricole étranger de l’USDA prévoyait une valeur encore plus élevée de 44,7 MMT avec une augmentation de +2,3 % par rapport à l’année précédente. Par ailleurs, les ratios de broyage de la canne à sucre se sont orientés vers la production de sucre plutôt que d’éthanol, amplifiant ainsi la production. Unica a rapporté que la production cumulative de la région Centre-Sud du Brésil pour 2025/26 a atteint 40,222 MMT jusqu’en décembre, en hausse de +0,9 % par rapport à l’année précédente, avec le ratio de broyage de la canne à sucre passant à 50,82 %.

L’Inde présente une histoire d’expansion de l’offre encore plus spectaculaire. L’India Sugar Mill Association a indiqué que la production du 1er octobre au 15 janvier s’élevait à 15,9 MMT, soit une hausse de +22 % par rapport à l’année précédente. L’ISMA a ensuite révisé son estimation pour l’année complète 2025/26 à 31 MMT (contre 30 MMT), ce qui représente une augmentation annuelle de +18,8 %. L’USDA prévoit une production encore plus élevée à 35,25 MMT, stimulée par des pluies de mousson favorables et une extension des plantations. Critiquement, l’ISMA a réduit son estimation de consommation d’éthanol à 3,4 MMT contre 5 MMT, ce qui pourrait libérer des approvisionnements supplémentaires pour l’exportation, impactant directement le prix du sucre par une concurrence accrue sur les marchés mondiaux.

La carte maîtresse de l’exportation : l’impact du marché indien

La volonté émergente de l’Inde d’exporter son surplus de production représente un facteur négatif majeur pour le prix du sucre. Après avoir mis en place un système de quotas en 2022/23, le ministère indien de l’alimentation a annoncé qu’il autoriserait les usines à exporter 1,5 MMT lors de la saison 2025/26. Ce changement de politique, survenant après des rapports indiquant que le gouvernement pourrait permettre des exportations supplémentaires pour faire face à la surabondance intérieure, a exercé une pression à la baisse sur les attentes concernant le prix du sucre sur l’ensemble du marché.

La Thaïlande complète l’histoire de la production en tant que troisième plus grand producteur mondial et deuxième exportateur. La Thai Sugar Millers Corp a prévu une augmentation de +5 % de la production 2025/26 par rapport à l’année précédente, atteignant 10,5 MMT, tandis que l’USDA estimait une croissance de +2 % à 10,25 MMT. Combinée à l’augmentation de la production du Pakistan, cette concentration de la croissance de l’offre chez les producteurs orientés à l’exportation pèse lourdement sur les prévisions du prix du sucre.

Prévisions divergentes de surplus : l’incertitude du marché

Plusieurs organismes d’analyse ont publié des projections de surplus variables, mais tous indiquent une pression à la baisse significative sur le prix du sucre. L’Organisation internationale du sucre a prévu un surplus de 1,625 million de MT pour 2025-26 (après un déficit de 2,916 millions de MT l’année précédente), en raison de l’augmentation de la production en Inde, en Thaïlande et au Pakistan. Covrig Analytics a relevé son estimation de surplus à 4,7 MMT contre 4,1 MMT, tandis que le trader de sucre Czarnikow a augmenté sa projection à 8,7 MMT, soit +1,2 MMT par rapport à son estimation de septembre.

Ces prévisions divergentes soulignent la difficulté à fixer le prix du sucre : si l’offre à court terme est indéniablement abondante, la dynamique à moyen terme offre un certain soulagement. Covrig prévoit que le surplus de 2026/27 se contractera à seulement 1,4 MMT, car des prix faibles découragent toute nouvelle expansion de la production. De même, Safras & Mercado prévoit que la production de sucre au Brésil diminuera de -3,91 % en 2026/27 pour atteindre 41,8 MMT, avec des exportations en baisse de -11 % par rapport à l’année précédente, à 30 MMT.

Perspectives : quand le prix du sucre retrouvera-t-il un soutien ?

La faiblesse actuelle du prix du sucre reflète des fondamentaux de marché rationnels : une offre mondiale record répondant à une croissance de la demande inférieure à la tendance. Les stocks mondiaux de fin d’année devraient atteindre 41,188 MMT en 2025/26, en baisse de seulement -2,9 % par rapport à l’année précédente, offrant une marge de manœuvre suffisante. Cependant, le marché n’est pas dépourvu de signaux de soutien. La contraction prévue de la production en 2026/27 et la nature cyclique des marchés de matières premières suggèrent que le prix du sucre finira par se stabiliser une fois que le cycle actuel de production sera arrivé à maturité. D’ici là, les traders surveillant ces contrats doivent s’attendre à une pression continue sur le prix du sucre dans cet environnement en surabondance, avec un soulagement probable uniquement lorsque les incitations à la production diminueront et que la dynamique de l’offre se rééquilibrera.

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