Le prix du diesel rebondit fortement face aux préoccupations mondiales d'approvisionnement

Après deux mois de pression à la baisse constante, le prix national de référence du diesel a connu un retournement spectaculaire. La moyenne hebdomadaire du Département de l’Énergie et de l’Administration de l’information sur l’énergie, qui sert de norme de référence pour la plupart des surtaxes sur le carburant, a bondi de 7,1 cents par gallon pour atteindre 3,53 $. Cela marque un changement significatif sur le marché et, si cette tendance se maintient, pourrait signaler la fin de la période de déclin la plus longue de ces dernières années. La reversal du prix du diesel intervient à un moment critique où les marchés mondiaux de l’énergie font face à des pressions concurrentes entre un excès structurel d’offre et des disruptions aiguës de l’approvisionnement.

Ce qui rend ce mouvement du prix du diesel particulièrement remarquable, c’est son timing. La hausse représente le premier mouvement positif depuis la mi-novembre, lorsque le benchmark a atteint un pic à 3,868 $ par gallon avant d’entrer dans une chute de huit semaines. Sur le marché à terme, le Diesel à très faible teneur en soufre (ULSD) sur le CME a connu des fluctuations encore plus spectaculaires, passant de 2,0567 $ par gallon début janvier à 2,3385 $ par gallon — marquant la progression la plus forte en une seule semaine depuis des mois.

D’une baisse de huit semaines à une inversion brutale

La baisse prolongée qui a précédé la sautée de cette semaine a fondamentalement remodelé les attentes du marché. Pour les traders habitués à la volatilité des commodités énergétiques, huit semaines consécutives de baisse des prix représentent une tendance significative. Le prix du diesel s’était progressivement érodé depuis son sommet de novembre, créant des hypothèses généralisées sur un excès d’offre soutenu. Cependant, ce récit a soudainement changé.

La reversal sur les contrats à terme ULSD raconte une histoire encore plus dramatique. À mi-semaine, les contrats à terme CME ULSD avaient atteint 2,4216 $ par gallon — une hausse de 3,55 %, ce qui représenterait la plus haute clôture depuis fin novembre. La vitesse de ce mouvement a surpris de nombreux acteurs du marché, car le prix du diesel a soudainement accéléré à la hausse alors que les prévisions baissières gagnaient du terrain.

L’arrêt de production au Kazakhstan ravive la pression sur le prix du diesel

Un catalyseur crucial derrière la reprise du prix du diesel est une crise de production en Asie centrale. Le Kazakhstan, un membre important de l’OPEP+ bien que n’étant pas membre de l’OPEP lui-même, a suspendu sa production dans deux installations majeures — Tengiz et Korolev — en raison de défaillances du réseau électrique. Selon Reuters, cette suspension devrait durer encore une à deux semaines.

Le timing de cette perturbation aggrave les défis d’approvisionnement existants. La production du Kazakhstan en décembre avait déjà chuté à environ 1,52 million de barils par jour, en forte baisse par rapport à 1,75 million en novembre, principalement en raison de contraintes de chargement des pétroliers. Ce déficit de production, combiné à la suspension en cours, envoie un message clair au marché : même en période d’excès mondial d’offre, des disruptions localisées peuvent rapidement faire fluctuer la volatilité du prix du diesel.

Les tensions géopolitiques poussent le marché à terme à la hausse

Au-delà de la situation au Kazakhstan, une incertitude mondiale accrue a ajouté une couche supplémentaire de soutien aux prix de l’énergie. Les préoccupations concernant les exportations de pétrole iranien, combinées à une imprévisibilité géopolitique plus large — y compris les tensions autour du Groenland — ont incité les traders à adopter des positions plus prudentes. Ces facteurs ont contribué à la forte hausse de mardi, avec une augmentation des prix ULSD de plus de 10 cents par gallon en une seule séance.

L’effet de ricochet s’est étendu au Brent, qui est passé de ses plus bas récents proches de 59,96 $ le baril à une clôture à 64,92 $ mardi, pour atteindre 66,52 $ à la mi-mois. Par rapport au niveau de 65,07 $ le baril en octobre, le marché a retrouvé du terrain perdu, bien que des questions subsistent quant à la durabilité de cette tendance.

Pourquoi les perspectives d’offre à long terme restent baissières malgré les pics récents

Voici le paradoxe qui définit le marché de l’énergie actuel : malgré la reprise récente du prix du diesel, l’Agence Internationale de l’Énergie maintient une position nettement négative sur les trajectoires de prix. Le dernier rapport de l’AIE prévoit que l’offre mondiale de pétrole dépassera la croissance de la demande jusqu’en 2026, créant des vents contraires structurels pour les prix.

Les chiffres précis mettent en évidence cette contradiction. Pour 2026, l’AIE prévoit désormais une croissance de la demande de 930 000 barils par jour, en léger rebond par rapport aux estimations précédentes de 860 000 barils par jour. Du côté de l’offre, cependant, l’agence prévoit une augmentation de 2,5 millions de barils par jour en 2026 — plus de 2,5 fois la croissance attendue de la demande. Pour 2025, l’offre devrait augmenter de 3 millions de barils par jour.

Si ces projections se concrétisent, le déséquilibre entre l’offre et la demande dépassera 3,5 millions de barils par jour sur la période de deux ans. Plutôt que de se traduire par des gains de prix du diesel, ce surplus a historiquement été canalisé dans l’augmentation des stocks mondiaux. Confirmant cette thèse, l’AIE rapporte que les stocks mondiaux de pétrole ont augmenté d’environ 1,3 million de barils par jour au cours de l’année écoulée, cette tendance d’accumulation se poursuivant en décembre.

La hausse du prix du diesel pourrait finalement s’avérer temporaire — une brève perturbation dans une histoire à long terme d’excès structurel. Si la coupure de production du Kazakhstan et le bruit géopolitique offrent un soutien à court terme, l’arithmétique fondamentale de l’offre versus la consommation de demande suggère que tout rallye sera confronté à des vents contraires dus au contexte persistant d’excès d’offre.

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