La fièvre Nipa se propage : ce qu'il faut savoir sur la pneumonie contagieuse et les risques de transmission

L’épidémie du virus Nipah en Inde a attiré l’attention mondiale et rend particulièrement prudente la population des Philippines et d’autres pays d’Asie du Sud-Est. Le virus, transmis par des chauves-souris frugivores en tant que porteurs naturels, peut se transmettre entre animaux et humains et comporte des risques importants pour la santé. Des experts mettent en garde contre la nécessité de renforcer les contrôles aux frontières et les mesures de surveillance. Selon le spécialiste en infectiologie Dr. Rontgene Solante, les Philippines devraient renforcer leurs contrôles sanitaires aux frontières du pays afin d’examiner minutieusement les voyageurs en provenance de régions affectées comme le Bengale occidental.

Modes de transmission : comment le virus Nipah passe de l’animal à l’humain

Le virus est connu pour sa capacité à infecter dans certains contextes. Les chauves-souris frugivores portent le virus Nipah, mais ne présentent pas de symptômes de la maladie. Chez les porcs, le virus est particulièrement contagieux – les animaux sont infectieux pendant une période d’incubation de quatre à quatorze jours. Le virus peut également se transmettre à d’autres animaux domestiques comme les chevaux, chèvres, moutons, chats et chiens.

La transmission à l’humain se fait principalement par contact direct avec des animaux malades ou leurs fluides corporels contaminés, ainsi que par la consommation de fruits contaminés par l’urine ou la salive de chauves-souris infectées. Lors de précédentes épidémies, des personnes ont également été infectées par contact direct avec des porcs ou leurs tissus, ou par la consommation de viande de cheval. La transmission de personne à personne se produit par contact étroit avec les sécrétions et excrétions de personnes infectées, ce qui représente un risque élevé pour le personnel médical.

Symptômes et évolution de la maladie : des signes non spécifiques à la pneumonie contagieuse

Les personnes infectées peuvent d’abord être asymptomatiques, sans signes apparents. Lorsqu’elles développent des symptômes, ceux-ci incluent souvent de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, des vomissements et des maux de gorge. Après ces premiers signes, des manifestations d’une encéphalite aiguë – inflammation du cerveau – peuvent apparaître, comprenant vertiges, somnolence extrême, altération de la conscience et déficits neurologiques.

Un risque sérieux est le développement d’une pneumonie atypique contagieuse avec de graves difficultés respiratoires. Cette complication constitue un risque important de transmission, notamment pour les proches. Dans les cas graves, une encéphalite et des convulsions peuvent survenir, pouvant évoluer en coma en 24 à 48 heures. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que le taux de mortalité des cas se situe entre 40 et 75 %, bien supérieur à celui de nombreuses autres maladies infectieuses.

Actuellement, il n’existe ni médicaments ni vaccins contre le virus Nipah. Le traitement repose sur des mesures de soutien intensives pour gérer les complications respiratoires et neurologiques graves.

Défis diagnostiques et capacités de test limitées

Le diagnostic du virus Nipah nécessite des tests spécifiques, qui sont cependant peu disponibles aux Philippines. Dr. Solante explique qu’actuellement, seuls quelques laboratoires, comme l’Institut de recherche en médecine tropicale (RITM), peuvent effectuer ces tests. Cela constitue un obstacle majeur, car les symptômes initiaux étant non spécifiques, ils ne sont souvent pas suspectés lors de la consultation.

L’OMS met en garde contre cette faiblesse diagnostique, qui entrave un diagnostic précis et complique la détection des épidémies, la mise en œuvre de mesures efficaces de contrôle des infections et la réponse à l’épidémie. La combinaison de symptômes non spécifiques et de capacités de test limitées complique considérablement l’identification rapide des cas.

Épidémies passées et mesures de précaution internationales

Les Philippines ont connu en 2014 une épidémie du virus Nipah à Sultan Kudarat, où 17 personnes ont été malades après avoir consommé de la viande de cheval ou été en contact avec une personne infectée. Cette expérience historique montre le potentiel de transmission du virus dans la région.

Plus récemment, cinq agents de santé ont été infectés dans le Bengale occidental, ce qui a conduit à la mise en quarantaine d’environ 100 personnes. En réponse à l’épidémie actuelle, plusieurs pays ont renforcé leurs contrôles sanitaires. La Thaïlande, le Népal et Taïwan ont déjà renforcé leurs contrôles aux frontières pour le virus Nipah. Dr. Solante recommande aux Philippines d’adopter des mesures similaires : contrôles de température à l’arrivée, prélèvements aléatoires et surveillance lors des premiers symptômes, notamment pour les voyageurs en provenance du Bengale occidental.

Le ministère de la Santé des Philippines (DOH) souligne qu’il est prêt à réagir, fort de son expérience de 2014 et des lignes directrices actualisées de 2023. Le secrétaire adjoint Albert Domingo assure que le bureau de l’épidémiologie du DOH reste vigilant grâce à une surveillance continue.

Pourquoi une propagation pandémique n’est pas à craindre

Malgré la gravité des symptômes et le taux élevé de mortalité, Dr. Solante met en garde contre un alarmisme excessif. Contrairement à la COVID-19, le virus Nipah ne se transmet pas facilement. Pour qu’une personne infectée transmette le virus à une autre, elle doit avoir une charge virale élevée, être symptomatique et présenter des symptômes particulièrement graves. Cela limite considérablement la vitesse de propagation.

Les symptômes initiaux non spécifiques restent cependant un défi. Ils peuvent conduire à une reconnaissance tardive des cas et à une transmission involontaire à d’autres personnes avant qu’un diagnostic ne soit posé.

Prévention et recommandations pour les individus

Pour réduire les risques d’infection, il est conseillé d’éviter tout contact direct avec les chauves-souris et les animaux malades. Le ministère de la Santé recommande de ne consommer que de la viande inspectée par le Service national d’inspection de la viande (NMIS) et de bien cuire les aliments. Ces mesures simples peuvent réduire considérablement le risque d’infection et constituent des étapes essentielles pour la prévention personnelle de la maladie.

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