Le dollar canadien entre en 2026 avec une dynamique modérée alors que la montée des obstacles tarifaires s'intensifie

Le début de 2026 n’a pas suscité beaucoup d’enthousiasme pour le dollar canadien, le Loonie peinant face à la plupart des principales devises alors que la dynamique du marché reste morose après la période des fêtes. Lors de la première journée de bourse de l’année, le CAD a été parmi les plus faibles, perdant du terrain face à presque tous ses principaux homologues, tandis que la participation globale du marché est restée faible.

Cette faiblesse sous-jacente reflète un défi structurel plus profond pour l’économie canadienne : l’incertitude persistante sur les tarifs douaniers pèse lourdement sur la confiance des entreprises et l’activité économique. Contrairement aux fluctuations monétaires simples dues aux attentes de taux ou à des facteurs techniques, la pression actuelle sur le CAD provient de changements fondamentaux dans la gestion des chaînes d’approvisionnement et des inventaires par les entreprises canadiennes.

La baisse de la fabrication signale une tension économique plus large

Les données récentes du PMI manufacturier de S&P Global dressent un tableau sombre du secteur industriel canadien en ce début d’année. La production manufacturière a contracté pendant onze mois consécutifs, avec une activité et de nouvelles commandes en baisse continue. Cette faiblesse prolongée ne reflète pas une faiblesse cyclique du marché, mais souligne à quel point l’incertitude tarifaire pénètre la stratégie des entreprises canadiennes.

Les entreprises du secteur manufacturier réagissent à cette incertitude en resserrant leurs opérations : réduction des stocks, embauches limitées et activité d’achat modérée sont devenues la norme. Ces mesures défensives sont rationnelles pour une entreprise individuelle — lorsque les coûts d’approvisionnement augmentent de manière imprévisible à cause des tarifs et que l’incertitude politique est élevée, une gestion allégée est logique. Cependant, à l’échelle de l’économie, cela freine la dynamique économique globale et la force de la monnaie.

Au-delà de la gestion des stocks, l’environnement tarifaire crée une pression inflationniste secondaire. Alors que les chaînes d’approvisionnement restent perturbées et que les coûts de transport restent élevés, les coûts d’entrée augmentent malgré une certaine modération de l’inflation globale. Ce phénomène, entre demande en baisse (due à la réduction des achats) et coûts d’entrée en hausse, crée un environnement difficile pour la rentabilité des entreprises et leurs plans d’investissement.

La fabrication en Amérique du Nord sous pression

Les défis auxquels font face les fabricants canadiens ne sont pas isolés au nord de la frontière. Les données du PMI manufacturier américain, publiées simultanément, montrent qu’en décembre, la production américaine a augmenté, mais la situation globale reste préoccupante. Les commandes de biens américains chutent à des niveaux inégalés depuis la crise financière, suggérant une destruction de la demande des deux côtés du 49e parallèle.

Le contraste est instructif : les fabricants américains ont réussi à augmenter leur production en fin d’année 2025, mais cela semble insoutenable. Avec la pression des coûts liée aux tarifs qui réduit la demande des clients et une croissance des salaires montrant des signes de stress, les niveaux de production actuels risquent de diminuer début 2026. Le problème ne réside pas dans la capacité de l’offre, mais dans la pression de la demande, les clients ayant du mal à absorber la hausse de leurs propres coûts.

Cela reflète la situation canadienne : l’inflation des coûts due aux tarifs freine la demande, et les entreprises réagissent en réduisant leurs commandes et en diminuant leurs stocks. Le résultat est un contexte économique modéré qui n’offre que peu de soutien à la force de la devise dans les deux pays.

Positionnement technique du USD/CAD

D’un point de vue technique, le trading du USD/CAD est resté dans une fourchette malgré la faiblesse fondamentale du dollar canadien. Sur le graphique en 5 minutes, la paire s’est négociée près de 1.3740 début janvier, au-dessus de la moyenne mobile exponentielle (EMA) à 200 périodes à 1.3725. L’action des prix est restée au-dessus de cette moyenne, conservant une tendance haussière à court terme. L’indicateur RSI à 59,77 suggère une dynamique neutre à haussière, tandis que l’oscillateur Stochastique proche de 68,61 indique qu’il y a encore de la marge pour une hausse avant d’atteindre la zone de surachat.

Le support pour toute progression du USD/CAD dépend du maintien du prix au-dessus de la moyenne mobile à 200 périodes. Une cassure en dessous de ce niveau pourrait entraîner un recul plus profond. En revanche, les acheteurs cherchant à prolonger leurs gains rencontreraient une résistance si la dynamique s’essouffle avant que le RSI n’atteigne 70 ou que le Stochastique ne pénètre la bande des 80.

Sur le graphique journalier, le USD/CAD se situe à 1.3741, ce qui raconte une histoire différente. La paire reste en dessous de la EMA à 50 jours à 1.3849 et de celle à 200 jours à 1.3891, conservant une tendance baissière. La moyenne courte étant en dessous de la moyenne longue renforce la pression à la baisse, tandis qu’un RSI proche de 40,9 (en dessous de la ligne neutre à 50) indique que les vendeurs ont toujours le dessus.

Toute tentative de rebond pourrait rencontrer une résistance à la EMA à 50 jours, et une cassure décisive en dessous des niveaux actuels risquerait de tester de nouveaux plus bas. Pour que les acheteurs reprennent le contrôle, le USD/CAD devrait dépasser la moyenne à 50 jours et finalement défier la EMA à 200 jours, mais les vendeurs maintiennent actuellement un avantage structurel dans la perspective quotidienne.

Ce qui nous attend

Le véritable catalyseur pour la dynamique du USD/CAD sera les prochains indicateurs économiques, notamment les statistiques sur l’emploi aux États-Unis et au Canada. Ces chiffres fourniront des indications cruciales pour savoir si la faiblesse manufacturière observée dans les enquêtes PMI se traduit par une détérioration du marché du travail. Un ralentissement du marché du travail renforcerait une perspective économique modérée et soutiendrait probablement le USD faible.

En attendant, le dollar canadien reste piégé dans un environnement fondamentalement difficile — coûts liés aux tarifs, baisse des commandes manufacturières et comportement défensif des entreprises pèsent tous sur le sentiment envers le CAD. Bien que certains indicateurs techniques laissent entrevoir un potentiel de rallyes à court terme, le contexte structurel demeure peu favorable aux perspectives de la devise au début de 2026.

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