Je viens de repérer une confrontation juridique intéressante qui se prépare entre une grande plateforme de crypto et les régulateurs d'État concernant les marchés de prédiction. Celui-ci mérite toute notre attention car il pourrait devenir un enjeu plus large sur qui a réellement le pouvoir de réguler les dérivés cryptographiques aux États-Unis.



Voici ce qui se passe. La plateforme a lancé des marchés de prédiction via Kalshi, et plusieurs États ont immédiatement réagi en envoyant des lettres de cessation et d’abstention, affirmant que ces marchés sont essentiellement des jeux d’argent illégaux. Mais l’équipe juridique contre-attaque vigoureusement, arguant que les États déforment fondamentalement ce que le Congrès a déjà décidé concernant la régulation des dérivés.

L’argument central devient intéressant ici. Leur vice-président juridique a essentiellement accusé les responsables d’État de ce qu’on appellerait du gaslighting, c’est-à-dire qu’ils manipulent délibérément les faits pour soutenir leur position. Les États ont affirmé que la CFTC ne dispose pas des ressources nécessaires pour superviser ces marchés, donc une intervention des États est indispensable. Mais l’équipe juridique a répliqué que la CFTC gère déjà des marchés de dérivés de plusieurs trillions de dollars à l’échelle mondiale et qu’elle applique activement des règles sur ces types précis de contrats. Ce n’est pas un problème de ressources, mais une tentative des États de s’approprier une autorité que le Congrès a déjà confiée aux régulateurs fédéraux.

Le vrai problème est de nature juridictionnelle. La loi sur les échanges de matières premières (Commodity Exchange Act) donne supposément à la CFTC une autorité exclusive sur les dérivés et swaps, y compris les contrats liés à des événements. Il existe même une règle spécifique stipulant que seule la CFTC peut restreindre les contrats liés à des événements sportifs pour des raisons de politique, et non les États individuels. La plateforme argue que les États tentent de délimiter les contrats sportifs de la définition fédérale, ce qui, selon eux, n’a aucune base légale.

Une distinction clé qu’ils font : les contrats de prédiction négociés en bourse ne sont pas les mêmes que les bookmakers traditionnels. Sur un marché réglementé, acheteurs et vendeurs fixent les prix de manière transparente. Les bookmakers, eux, fixent les cotes et prennent l’autre côté du pari. Personne ne soutient que la CFTC devrait réguler les bookmakers, mais les dérivés négociés en bourse doivent respecter la loi fédérale.

Ce qui rend cette affaire plus importante qu’un simple conflit entre une plateforme et quelques États, c’est le problème de fragmentation. Si vous laissez 50 États différents réguler indépendamment les marchés de dérivés nationaux, vous créez le chaos. Les investisseurs perdent confiance, les marchés deviennent moins stables, et vous affaiblissez tout l’intérêt d’un cadre fédéral unifié.

Cela reflète le schéma plus large de la régulation de la crypto. Les États tentent constamment de définir leurs propres règles, alors que le gouvernement fédéral est censé être le régulateur principal. C’est une tension réelle qui va continuer à se jouer sur plusieurs fronts.
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