Nikkei : Des groupes criminels chinois émettent de « fausses cryptomonnaies » au Japon pour blanchir de l'argent, protégeant à l'échelle internationale des fonds liés au fentanyl

Les médias japonais révèlent une affaire de fraude transfrontalière impliquant un groupe chinois suspecté d'usurper le nom de zkSync pour émettre de faux tokens. L'organisation utilise des sociétés et comptes japonais comme points de blanchiment d'argent, et une partie des fonds chevauche avec des réseaux criminels impliqués dans le trafic de précurseurs de fentanyl.

Affaire de fraude avec de faux tokens zkSync révélée, le Japon devient un point de transit pour les flux de capitaux transfrontaliers

Les médias japonais ont récemment dévoilé une affaire de fraude en cryptomonnaie impliquant un groupe criminel chinois. L'enquête indique que l'organisation est soupçonnée d'avoir falsifié le nom de zkSync pour émettre de faux tokens, collectant des fonds auprès d'investisseurs, tout en utilisant le Japon comme point de transit et de blanchiment.

Selon les données d'enquête, le groupe promeut via les réseaux sociaux, applications de messagerie et communautés d'investisseurs un prétendu token « zkSync JP », affirmant avoir une collaboration ou un soutien officiel avec le projet Layer2 zkSync, afin d'attirer des investisseurs.

En réalité, ces tokens n'ont aucun lien avec zkSync officiel. Après l'investissement, les actifs finissent par être transférés vers des portefeuilles contrôlés par le groupe criminel, illustrant un mode opératoire classique de fraude par faux tokens.

L'enquête révèle que certains fonds se dirigent vers des réseaux liés au fentanyl

Selon une enquête de Nikkei Asia, une partie des fonds du groupe impliqué croise des flux financiers avec des réseaux criminels chinois impliqués dans le trafic de précurseurs de fentanyl.

Le reportage indique que certains individus impliqués opèrent depuis longtemps dans le marché noir, réalisant des transferts transfrontaliers, des services de blanchiment et des transferts de fonds illégaux. La cryptomonnaie devient un outil clé pour ces organisations dans leurs opérations transfrontalières.

Les enquêteurs ont découvert qu’après plusieurs transferts entre plusieurs portefeuilles, les fonds finissent par alimenter des comptes liés au commerce de matières chimiques, à des réseaux de paiement clandestins et à d’autres activités criminelles transfrontalières. Bien qu’aucune preuve ne montre que tous les participants à la fraude soient directement impliqués dans le trafic de fentanyl, les autorités estiment que les deux réseaux partagent potentiellement certains canaux financiers, réseaux de blanchiment et infrastructures criminelles.

Source : Nikkei Asia Fentanyl conservé dans un laboratoire DEA à New York

Les sociétés et comptes japonais deviennent des outils de couverture pour les groupes criminels

L’enquête montre que le Japon est devenu ces dernières années une étape importante pour certains crimes en cryptomonnaie transfrontaliers.

Grâce à un système financier mature, un marché de cryptomonnaie dynamique et un environnement favorable à la création d’entreprises, certains groupes criminels choisissent d’établir des sociétés, ouvrir des comptes bancaires ou créer des réseaux d’échange au Japon, puis transfèrent les fonds vers d’autres régions.

Dans cette affaire, les suspects ont utilisé le nom de sociétés japonaises pour faire la promotion, collecter des fonds et renforcer la confiance des investisseurs, tout en compliquant la tâche des autorités.

Après une première étape de transfert de fonds à l’intérieur du Japon, ceux-ci sont ensuite acheminés vers des adresses étrangères via des plateformes d’échange, des traders OTC et des outils de transfert inter-chaînes, formant un réseau complexe de flux financiers transfrontaliers.

Les faux tokens et la fraude continuent de croître, avec des projets renommés souvent usurpés

Ces dernières années, le nombre de cas d’usurpation de noms de projets blockchain populaires pour émettre de faux tokens a augmenté. Les groupes criminels exploitent souvent le fait que certains projets n’ont pas encore lancé leur token officiel, que l’information du marché est insuffisante ou que les investisseurs souhaitent participer à des investissements précoces, pour créer des sites web imitant les originaux, falsifier des livres blancs et des comptes sociaux, afin d’attirer des fonds.

Lorsque des projets renommés disposent d’une large communauté, ils deviennent des cibles privilégiées pour les escrocs. Si les investisseurs se basent uniquement sur des informations issues de communautés, chats ou sites non officiels, ils risquent de se faire duper par de fausses campagnes de promotion.

Cette affaire montre aussi que la fraude en cryptomonnaie, le blanchiment transfrontalier et les activités criminelles traditionnelles sont de plus en plus surveillées par les autorités. De la collecte de fonds via de faux tokens, aux services financiers clandestins et aux transferts transfrontaliers, les actifs numériques sont devenus des outils essentiels pour certains groupes criminels, et les régulateurs ainsi que les forces de l’ordre renforcent leurs enquêtes sur ces flux financiers.

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