Adieu au « vide réglementaire », analyse complète du cadre de réglementation OTC et de la garde VA à Hong Kong

Hong Kong, en tant que centre financier international, a réaffirmé son engagement à devenir un centre d’innovation mondial dans le domaine des actifs numériques à travers la « Déclaration de politique de développement des actifs numériques 2.0 ». La mise à niveau des licences traditionnelles de la Securities and Futures Commission (SFC) et des plateformes de trading d’actifs cryptographiques ressemble davantage à une première étape dans la mise en place d’un système de régulation complet des actifs cryptographiques.

En 2026, avec l’avancement des consultations sur deux « zones de vide réglementaire » importantes pour le Virtual Asset (VA) — le trading et la garde — le Bureau des affaires financières et du trésor (FSTB) et la Securities and Futures Commission (SFC) ont clarifié leur orientation législative, visant à introduire deux licences spécifiques par le biais de modifications à la Loi sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (AMLO). Il s’agit de formaliser le système d’« upgrade » existant des licences SFC 1, 4 et 9, signifiant que la régulation professionnelle et officielle des actifs cryptographiques sera bientôt entièrement établie à Hong Kong.

À ce jour, les conclusions de la consultation ont été publiées le 24 décembre 2025, et une consultation publique supplémentaire sur « l’offre d’avis sur les actifs cryptographiques » et « la gestion des actifs cryptographiques » est en cours, avec une date limite fixée au 23 janvier 2026. Cet article synthétise la logique de la régulation, analyse le contenu des documents clés et leurs changements fondamentaux, et fournit des conseils généraux pour les demandeurs de licences.

Chronologie

L’évolution de la régulation des VA à Hong Kong remonte à 2018, lorsque la SFC a publié sa première déclaration sur la régulation des VA, établissant le principe de « mêmes activités, mêmes risques, mêmes règles ». Bien que cette déclaration ne cible pas directement le trading OTC ou la garde, elle a posé les bases pour la suite.

2019

La SFC a publié un document sur la régulation des plateformes de trading de VA, introduisant un cadre volontaire (Opt-in) exigeant que les plateformes respectent la protection des investisseurs, la séparation des actifs et les exigences AML/CFT. La garde était alors considérée comme un service accessoire au VA Trading Platform (VATP), tandis que le OTC restait en marge de la régulation.

2022

La révision de l’AMLO a introduit la définition de Prestataire de services d’actifs cryptographiques (VASP), intégrant le trading et la garde dans le cadre AML, mais sans licence dédiée. Le 1er juin 2023, le régime VASP de l’AMLO est entré en vigueur, lançant l’obligation d’obtenir une licence VATP. Les VATP doivent confier la garde des actifs clients à une filiale entièrement détenue, avec 98 % de stockage à froid et 2 % à chaud, en respectant des exigences strictes d’isolation des actifs, d’assurance et d’audit. Cela marque la maturité de la régulation du trading centralisé, mais les lacunes concernant le OTC et la garde indépendante persistent, augmentant le risque de concentration du marché.

2024

En mars, le FSTB et la SFC ont lancé une consultation sur le trading OTC de VA. En février 2025, la SFC a publié la feuille de route « A-S-P-I-Re », soutenant l’introduction d’une licence spécifique pour le OTC, équivalente à celle du VATP, tout en explorant des techniques de garde flexibles (par exemple, stockage dynamique). L’objectif est de finaliser la préparation législative d’ici fin 2025.

Point de bascule : 27 juin 2025

Le FSTB et la SFC ont conjointement publié un document de consultation sur la législation concernant le trading VA (y compris OTC) et la garde. La consultation s’est terminée le 29 août, recueillant plus de 190 réponses de l’industrie, des investisseurs et des régulateurs. Le 3 novembre, la SFC a publié une circulaire élargissant les produits et services VATP, permettant la garde de VA non transactionnelles (ex. stablecoins, tokens de titres tokenisés), en assouplissant l’exigence de 12 mois d’historique, ce qui montre une transition vers une régulation plus flexible et diversifiée.

24 décembre 2025

Le FSTB et la SFC ont publié leurs conclusions sur la régulation des VA, tout en lançant une consultation supplémentaire sur l’offre d’avis et la gestion des services liés aux VA, jusqu’au 23 janvier 2026.

2026

Alors que la consultation approche de sa fin, la révision de l’AMLO devrait être soumise au législateur au premier semestre, avec une date d’entrée en vigueur dépendant du processus législatif. La tendance claire est que la garde et le trading deviennent le centre de la régulation, abandonnant la vision fragmentée précédente. La régulation passe d’une approche « en marge » à une régulation complète, avec une volonté ferme de restructurer l’écosystème des VA à Hong Kong, sans se limiter à des mesures partielles. La volonté des autorités est aussi une réponse aux attentes du secteur : pour les prestataires souhaitant s’implanter durablement à Hong Kong, la conformité vaut mieux que l’incertitude dans une zone grise.

Analyse des documents et évolution législative

La question centrale est de savoir quels sont les principaux documents réglementaires déjà en vigueur, lesquels continueront d’évoluer, et s’il existe de nouvelles exigences réglementaires.

En se concentrant sur la consultation de 2025, la plus représentative, notamment le 27 juin et la conclusion du 24 décembre, on voit que le premier propose un cadre législatif distinct pour la régulation des licences AMLO, tandis que le second précise et affine ces propositions en fonction des retours du secteur.

Trading VA

  1. Définition : alignée avec la Licence 1 du SFO (trading de titres). Toute personne exerçant en tant qu’activité commerciale pour acheter, vendre, souscrire ou sous-coter des actifs virtuels doit obtenir une licence sous l’AMLO :
  • conclure ou proposer de conclure un accord avec une autre partie pour acheter, vendre ou sous-coter des actifs virtuels

  • inciter une autre partie à conclure ces accords

Cette définition couvre une large gamme d’activités, incluant la conversion VA-fiat/VA-VA, ainsi que des services plus complexes comme le courtage, le trading en gros, le margin trading, le staking, etc. Les produits dérivés, produits structurés et titres titrisés restent sous la régulation des licences traditionnelles du SFO, et ne relèvent pas de la nouvelle catégorie VA.

  1. Exigences de conformité : les prestataires doivent respecter des exigences AML strictes, notamment la diligence raisonnable sur les clients (CDD) et la conservation des dossiers.

  2. Garde : obligation pour les prestataires de licences VA de confier initialement la garde des actifs à une institution régulée par la SFC, afin de réduire les risques de faillite, fraude ou cyberattaque.

  3. Exigences financières minimales : capital social d’au moins 5 millions HKD + fonds de roulement de 3 millions HKD.

  4. Activités exemptées : transactions internes, achat/vente d’actifs propres, paiement de biens ou services avec des VA, transactions nécessaires à la gestion des VA, émission de stablecoins (déjà réglementée par la HKMA), etc.

  5. Pas de période de transition ou de « présomption de licence ».

  6. Voie rapide : les VATP déjà titulaires d’une licence SFC ou ayant obtenu la licence 1 du SFC bénéficieront d’un traitement accéléré.

Garde des VA

  1. Définition : « la garde de tout outil permettant le transfert de VA » (issue de la définition initiale). La SFC insiste sur le fait que cette définition doit être neutre techniquement, basée sur la substance plutôt que la forme, et que la nécessité d’une licence dépend du risque réel, non de la technologie décentralisée ou du service spécifique.

  2. Considérations clés : gestion des clés privées

Si une entité détient une clé privée ou un outil équivalent avec capacité de transfert unilatéral, elle doit être licenciée ; si un fournisseur MPC (Multi-Party Computation) permet à un client de reconstruire la clé privée et de transférer la VA seul, pas besoin de licence ; si le transfert nécessite une coordination supplémentaire (ex. multi-signatures MPC), alors la licence est requise. La garde de tokens stables ou autres actifs en mode custodial, où le dépositaire peut transférer unilatéralement, nécessite une licence ; en revanche, les portefeuilles non custodial ou la simple délégation sont exemptés.

  1. Exemptions :
  • Garde interne au sein d’un groupe (gratuit ou payant)

  • Backup de clés privées par des professionnels du droit ou de la comptabilité, ou dans des cas désignés par la cour

  • Émetteurs de stablecoins licenciés ne gardant que leurs propres tokens

  • Fonds PE/VC en auto-garde

Les services de MPC multi-parties sans capacité de transfert, ou la simple délégation, sont exclus.

  1. Licence individuelle : point crucial, les responsables, personnes ayant accès aux clés privées, participants aux signatures, etc., doivent obtenir une licence RO ou équivalente, ce qui revient à une « licence individuelle ».

  2. Exigences financières minimales : capital social d’au moins 10 millions HKD + fonds de roulement de 3 millions HKD.

  3. Pas de période de transition ou de « présomption de licence ».

  4. Voie rapide

Les nouvelles licences proposées, en complément de celles existantes, introduisent une licence séparée pour la garde. Contrairement au passé, où la garde OTC pouvait nécessiter une licence SFO Type 1 ou dépendre d’un TCSP ou d’une licence VATP, la nouvelle approche centralise cette activité sous une licence dédiée, permettant une régulation plus cohérente et intégrée.

Les changements majeurs résident dans l’introduction de licences séparées, la suppression de la dépendance aux licences traditionnelles pour la garde, et la mise en place d’un cadre plus flexible et technologique. La conception sans période de transition, tout en permettant un traitement accéléré pour les titulaires existants, vise à minimiser les perturbations du marché. La régulation insiste sur la prévention en amont, avec des seuils de capital minimum et l’interdiction de marketing actif auprès du public hongkongais, pour renforcer la conformité.

Ces ajustements, issus des retours du marché, équilibrent rigueur et flexibilité, évitant la rigidité du système VATP initial. Globalement, ces documents marquent une extension de la régulation des VA à toute la chaîne, visant à combler les lacunes, à unifier les standards, et à préparer l’entrée des acteurs.

Le FSTB et la SFC finaliseront le projet de révision de l’AMLO en s’appuyant sur ces conclusions. La consultation supplémentaire portera sur l’offre d’avis et la gestion des licences, se terminant le 23 janvier 2026, pour aboutir à une proposition complète. La mise en œuvre est prévue pour le premier semestre, avec une adoption législative potentielle vers le milieu de l’année, si aucun obstacle majeur ne survient. La procédure législative à Hong Kong étant généralement rapide, la loi pourrait être adoptée d’ici la mi-2026, avec une entrée en vigueur dans la seconde moitié de l’année.

Recommandations

Pour les entreprises, notamment celles de taille moyenne ou grande déjà présentes dans le secteur, maintenir une licence SFC mise à niveau représente un coût important, sans que cela ne soit toujours nécessaire pour leurs services réels — une ressource potentiellement gaspillée. La majorité des répondants à la consultation reconnaissent la nécessité d’étendre la régulation, la considérant comme une étape logique pour l’écosystème numérique de Hong Kong.

Le renforcement du principe de neutralité technologique, la connexion avec le cadre SFO existant, et une conception favorable aux institutions (pour attirer banques et finance traditionnelle) stimuleront l’activité locale. Par ailleurs, Hong Kong prévoit de localiser officiellement le cadre CARF en 2027, renforçant la coopération AML transfrontalière. La mise en œuvre efficace de cette législation pourrait propulser Hong Kong à un nouveau niveau en tant que centre mondial des VA, évitant une régulation fragmentée et imprécise, et proposant plutôt une approche structurée et cohérente.

Pour les entreprises souhaitant obtenir une licence OTC ou de garde, il est crucial de commencer à se préparer dès maintenant :

  • Clarifier leur modèle d’affaires pour déterminer leurs besoins en licences, afin d’éviter des ajustements coûteux ultérieurs et de faciliter les discussions préliminaires avec la SFC. Les titulaires existants peuvent bénéficier d’un traitement accéléré.

  • Renforcer leur conformité interne : respecter les exigences financières minimales, assurer un dispositif AML/CFT robuste. Les demandeurs de garde doivent investir dans leur infrastructure technique ; ceux du OTC doivent envisager une collaboration avec des prestataires régulés, en évitant de gérer eux-mêmes la garde au début.

  • Surveiller l’évolution législative, participer aux consultations sectorielles, former leurs équipes à l’avance. La conformité coûte plus cher, mais ouvre aussi des opportunités d’afflux de fonds.

Si vous envisagez déjà ces questions avant la mise en œuvre législative, félicitations : vous êtes probablement déjà en position favorable, à côté du train qui vous mènera vers un nouveau printemps pour la cryptomonnaie à Hong Kong. La question est de savoir si vous avez le ticket pour monter à bord. Après avoir lu cet article, vous pourriez vouloir en discuter avec nous.

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